Dans « Le quarantième jour », Mourad Chebbine revient sur la période qui sépare le mariage de son ami Ismaïl Yefsah, le 9 septembre 1993, de son assassinat, le 18 octobre de la même année. Ce laps de temps constitue le point de départ d’un récit où les souvenirs personnels se mêlent aux soubresauts d’une Algérie plongée dans les années de violence.
Le livre ne cherche pas à reconstituer ces événements sous la forme d’une chronique historique. La mémoire y procède par associations, faisant surgir des épisodes liés au journalisme et à la politique, mais aussi des lieux, des voyages, des rencontres, des scènes de rue, des souvenirs d’enfance et des moments marqués par la peur ou la violence. Ismaïl Yefsah en demeure la figure centrale, sans que l’ouvrage se réduise pour autant au récit de sa vie ou de sa disparition.
Cette approche donne au texte une dimension plus large : celle d’un retour sur une période qui a profondément marqué toute une génération. Les disparitions, l’exil, la résistance à la peur et les bouleversements de la vie quotidienne apparaissent en filigrane d’un récit construit à partir de traces, d’images et de souvenirs longtemps conservés.
« Le quarantième jour » se situe ainsi à la croisée du récit personnel et du témoignage sur une époque, sans se présenter comme une reconstitution historique ni comme une biographie d’Ismaïl Yefsah. Le disparu demeure au centre du livre, mais son histoire sert surtout de point d’ancrage à une plongée dans les années 1990 et dans la mémoire de ceux qui les ont vécues. Publié aux éditions Khayal avec le concours de Rafik Taïbi en Algérie, le livre est annoncé pour le 18 octobre 2026, date anniversaire de la disparition d’Ismaïl Yefsah.
Par : A.D











