Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, M. Fayçal Bentaleb, a présenté mardi, devant la Commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle de l’Assemblée populaire nationale (APN), la version actualisée du projet de loi modifiant et complétant la loi n°83-11 du 2 juillet 1983 relative aux assurances sociales, notamment en ce qui concerne le congé de maternité.
Une nouvelle version qui acte la prolongation du congé de maternité à cinq mois pour toutes les femmes travailleuses.
Dans la version précédente, une prolongation de 14 semaines a été prévue, mais seulement pour les femmes travailleuses « se trouvant dans l’incapacité de reprendre son travail à I’expiration du congé de maternité prévu par la législation en vigueur, en raison de l’état de santé de son nouveau-né atteint d’un handicap mental ou congénital ou d’une maladie grave ».
Le ministre a précisé, ce mardi, que ce projet « vise à prolonger le congé de maternité pour les femmes salariées à cinq (5) mois pleins, avec une indemnisation journalière du salaire sur une période de 150 jours, contre 98 jours actuellement », a indiqué un communiqué du ministère.
Au-delà des recommandations de l’OIT
Un changement qui « traduit la volonté de l’État de renforcer la protection des mères actives et de leurs nouveau-nés, en leur garantissant une période suffisante pour se rétablir et assurer les soins nécessaires à l’enfant ».
Le texte prévoit également, a ajouté la même source, « des dispositions spécifiques pour les mères assurées sociales dont l’enfant naît avec un handicap, une malformation congénitale ou une maladie grave nécessitant une assistance ou une intervention médicale obligatoire ». À cet effet, « dans ce cas, la mère pourra bénéficier, après les 150 jours légaux, d’une première prolongation de 50 jours sur présentation d’un dossier médical attestant de la situation, soumis aux services de la sécurité sociale et d’une seconde prolongation pouvant atteindre 165 jours supplémentaires, en fonction de l’état de santé de l’enfant ».
Fayçal Bentaleb a souligné que « cette réforme constitue un progrès majeur dans le domaine de l’assurance maternité, allant au-delà des normes et recommandations de l’Organisation internationale du travail, tant en termes de durée que d’indemnisation », a également indiqué le même communiqué.
Selon lui, « ce projet contribuera à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et obligations familiales pour les femmes, en assurant la prise en compte de ces périodes dans le calcul de la retraite, et en réduisant le recours aux congés maladie».
Droit de la femme et cohésion sociale
Le ministre a rappelé que « la décision du président de la République de prolonger le congé de maternité reflète la dimension sociale profondément enracinée de l’État algérien » et « s’inscrit dans une dynamique de développement social, traduisant une volonté politique de consolider les acquis des femmes algériennes, promouvoir leurs droits sociaux, et renforcer la stabilité et la cohésion des familles ».
Pour rappel, c’est lors d’un Conseil des ministres tenu le 13 janvier dernier que le président de la République a ordonné de prolonger le congé de maternité à cinq mois.
Or, dès le lendemain, soit le 14 janvier, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, a expliqué à l’APN que la prolongation qui est de 14 semaines, ne concerne que les femmes « se trouvant dans l’incapacité de reprendre le travail à I’expiration du congé de maternité, en raison de l’état de santé de leurs nouveau-nés atteints d’un handicap mental ou congénital ou d’une maladie grave ».
Le 9 février, lors d’une autre réunion du Conseil des ministres, Abdelmadjid Tebboune revient à la charge et ordonne la prolongation du congé de maternité à cinq mois pour toutes les femmes.
Par : Elyas Abdelbaki









