Longtemps revendiquée après la stabilisation de la situation sécuritaire, l’électrification des habitations rurales à Jijel est désormais conditionnée par la présentation d’un engagement de retour. Des avis, destinés aux citoyens concernés, ont été affichés dans les différentes communes, les invitant à joindre un engagement de retour à leur demande d’électrification de leurs habitations situées dans ces zones.
La problématique du retour dans les localités rurales, totalement vidées de leurs populations durant la période de lutte antiterroriste, est soulevée à chaque fois qu’un responsable, notamment le wali, fait face à des citoyens désireux de reprendre le chemin inverse de leur exil forcé.
Déjà, en 2016, lors d’un déplacement dans la commune de Selma Benziada, au sud-ouest de Jijel, le wali de l’époque, Larbi Merzoug, avait posé cette condition du retour des citoyens avant le lancement de tout projet d’électrification de cette région à vocation rurale. Il avait invoqué des raisons financières liées à l’investissement qui serait engagé pour cette opération.
Depuis, et en dépit des esquisses d’un retour vers les régions désertées, qui ne s’est jamais réellement concrétisé sur le terrain, le problème de l’électrification des zones rurales ne cesse d’être soulevé. Dans certaines régions, des projets de raccordement au réseau électrique avaient été abandonnés dès la dégradation de la situation sécuritaire. Des localités entières avaient, par la suite, été désertées dans un élan d’exode massif pour fuir les exactions terroristes.
Les tentatives de retour n’ont pas abouti, d’autant qu’il s’est avéré difficile, voire impossible, de fixer les populations dans les zones rurales, faute de certaines commodités. L’électricité s’est très vite invitée dans cette problématique d’un retour qui ne se concrétise pas. À cela s’ajoute un autre aléa, celui de la dégradation des routes et de la disparition des sentiers montagneux dans ces zones.
Dans la localité d’Ouled Boufaha, l’un des plus importants bourgs ruraux de la partie est de la wilaya de Jijel, des citoyens ont commencé à s’organiser dans l’éventualité de déposer des demandes collectives d’engagement à l’APC d’El Ancer.
Un membre de l’association d’Ouled Boufaha a indiqué que des contacts avec des ex habitants de la région sont en cours pour concrétiser cette opération. Toutefois, il a fait part de la dégradation de la route la route menant à Ouled Boufaha, qui demeure impraticable, alors que les rares habitations qui ont résisté à l’épreuve du temps nécessitent des opérations de réhabilitation. Autant dire que la mission du retour vers ces zones reste encore semée d’embûches.
L’opération de présentation d’engagements en vue d’un retour dans ces zones représente néanmoins un espoir pour les habitants de ces régions, même s’il est encore trop tôt pour en mesurer l’efficacité. Il reste à noter que les zones rurales, implantées notamment dans les régions montagneuses, constituent un vivier d’activités rurales à réhabiliter.
Elles étaient jadis un terreau propice à toutes sortes de cultures de subsistance, mais aussi à l’agriculture et à l’élevage bovin, ovin et caprin.
Par : Amor Z







