Une récente étude géologique américaine (USGS) met en lumière un gisement colossal de gaz de schiste dans le Sud-Ouest algérien. Un trésor énergétique estimé à plus de 2 200 milliards de m³ qui pousse les géants américains à accélérer leurs investissements.
L’Algérie est-elle en passe de consolider son statut de géant énergétique mondial ? C’est ce que suggère une étude très fouillée menée par l’Institut d’études géologiques des États-Unis (US Geological Survey – USGS). Ce document technique, qui circule désormais dans les états-majors des plus grandes multinationales, révèle l’existence de ressources gazières non conventionnelles gigantesques, idéalement réparties dans le sous-sol du Sahara algérien.
Une opportunité historique que les majors américaines Chevron et ExxonMobil, en négociations actives avec la compagnie nationale Sonatrach, ne comptent pas laisser passer. L’évaluation de l’USGS s’est concentrée sur une zone hautement stratégique : la province géologique du Grand Erg et du bassin d’Ahnet, située dans le sud-ouest du pays. Les conclusions des géologues américains sont sans appel.
Cette seule région abriterait des ressources moyennes techniquement récupérables et non encore découvertes de 80,1 billions de pieds cubes (soit environ 2 270 milliards de m³) de gaz de schiste. Pour plus de précision, l’étude scientifique indique que cette immense richesse est répartie de manière chirurgicale sur huit unités d’évaluation distinctes, réparties au sein de deux grands bassins sédimentaires.
Ces données géologiques viennent confirmer ce que les experts murmuraient depuis des mois : l’Algérie possède le troisième plus grand potentiel mondial de gaz de schiste. Un argument de poids qui explique l’offensive sans précédent des géants de Houston sur le sol algérien. ExxonMobil a déjà jeté son dévolu sur les bassins d’Ahnet et de Gourara, signant des protocoles d’accord avec Sonatrach pour lancer des campagnes d’exploration à haute technologie.
Le nouveau hub énergétique de l’Europe
Chevron, de son côté, avance sur des projets à la fois terrestres (onshore) et maritimes (offshore), avec la ferme intention de passer rapidement à des phases de production pilote grâce à la flexibilité offerte par la loi algérienne sur les hydrocarbures. Au-delà de l’aspect purement financier pour l’Algérie, cette découverte revêt une dimension géopolitique majeure.
Alors que l’Europe cherche désespérément à sécuriser ses approvisionnements à long terme et à s’affranchir définitivement des incertitudes géopolitiques mondiales, le gaz algérien apparaît comme la solution la plus viable et la plus proche géographiquement.
Grâce à un réseau de gazoducs déjà existant reliant le pays à l’Italie et à l’Espagne, le gaz issu de ces nouveaux gisements pourrait être acheminé vers le Vieux Continent en un temps record. Les experts estiment qu’avec l’aide technologique des Américains, les premiers mètres cubes de ce gaz du futur pourraient être injectés dans le réseau d’ici deux à trois ans seulement.
Par : Akram Ouadah







