Le dossier des itinéraires culturels des mausolées funéraires et tombes numides présents à l’échelle nationale a été officiellement déposé auprès de l’UNESCO pour inscription.
Le ministre de la Culture et des Arts, Zohir Bellalou, a annoncé ce lundi à Aïn Témouchent le dépôt d’un dossier auprès de l’UNESCO visant à inscrire au patrimoine mondial les parcours culturels liés aux mausolées funéraires et tombes numides présents sur le territoire algérien. Cette initiative entend mettre en lumière un patrimoine exceptionnel, reflet de la richesse historique et culturelle du pays.
L’Algérie abrite en effet un ensemble remarquable de mausolées royaux et tombes numides, témoins d’une civilisation berbère antique dont les échanges avec les cultures méditerranéennes ont marqué durablement l’histoire du Maghreb. Depuis 2002, plusieurs de ces monuments figurent sur la liste indicative du patrimoine mondial sous le nom « Mausolées Royaux de Numidie, de la Maurétanie et les monuments funéraires pré-islamiques ».
Parmi les sites les plus emblématiques, le Medracen (ou Imedghassen) dans la wilaya de Batna, considéré comme le plus ancien mausolée royal d’Afrique du Nord, date du IVe siècle av. J.-C. Ce tumulus monumental mêle les styles libyque, punique et hellénistique.
Le Soumaâ du Khroub, près de Constantine, est un imposant mausolée turriforme attribué à un roi numide du IIe siècle av. J.-C., possiblement Micipsa ou Hiempsal. Sa silhouette de 30 mètres de haut illustre l’architecture gréco-punique.
En Maurétanie, le Mausolée royal de Tipaza, également appelé Tombeau de la Chrétienne, est un monument circulaire qui allie influences numides et romaines. Construit pour Juba II et Cléopâtre Séléné II, il est un symbole de la fusion culturelle à l’époque antique.
D’autres sites moins connus mais tout aussi précieux témoignent de la diversité architecturale funéraire en Algérie, notamment le mausolée de Beni-Rhénane à Aïn Témouchent, celui de Blad Guitoun à Boumerdès, ou encore le mausolée de Tacfarinas à Bouira, rattaché au célèbre chef berbère qui lutta contre Rome.
Enfin, les Djeddars de Frenda, avec leurs 13 mausolées pyramidaux, sont un ensemble unique datant du IVe au VIIe siècle, renfermant des galeries et des inscriptions mystérieuses.
Ces monuments témoignent non seulement de l’histoire des peuples berbères, mais aussi des influences méditerranéennes anciennes. Leur inscription au patrimoine mondial renforcerait la visibilité internationale de l’Algérie et ouvrirait la voie à une meilleure conservation et valorisation, au bénéfice du tourisme culturel et du développement local.
Par : R.C









