Comme nous l’avions mentionné dans les précédentes éditions du journal Le Provincial, beaucoup de familles de condition modeste se sont résignées à renoncer à l’achat du mouton de l’Aid-el-Adha, faute des prix flambants du cheptel. Des pères de familles racontent que les maquignons et les chevillards ont imposé leur diktat aux éventuels acheteurs qui déplorent débourser au bas mot, au minimum, la somme de neuf à dix millions de centimes pour acquérir un ovin. De guerre lasse, ils ont convenu d’acheter quelques kg de viande, des côtelettes, une fressure, des abats et une tête de mouton. Cette formule, qui s’avère économique, permet à tout un chacun de célébrer cette grande fête religieuse et surtout de satisfaire les enfants.
En dépit de ces sacrifices, ces mères et pères de familles ne sont pas au bout de leurs peines car les bouchers ont, sans honte bue, saisi cette opportunité pour se remplir les poches au détriment des démunis. Des témoignages poignants corroborent le comportement indigne de ces commerçants à la veille de la fête du sacrifice, sachant que notre religion prône la solidarité, l’amour de son prochain, la piété. Hélas, ces suceurs de sang tiennent en otage leur clientèle en imposant des prix hors du commun.
Allaoua, un retraité du secteur privé, visiblement scandalisé, nous confie que “la fressure, qui réunit les membres de la famille autour d’un barbecue pour le déjeuner convivial du premier jour de l’Aid, est désormais taxée entre 8.000 et 10.000 dinars. Son prix, qui a subitement triplé, nous prive du régal des brochettes et grillades, le charme de cette journée. Imaginez que les tripes permettant à la maitresse de maison de concocter des mets délicieux, dont la bakbouka et la osbana, sont passées de 800 à 2.500 dinars l’unité. Même la tête de mouton, appréciée pour la préparation du délicieux bouzelouf, n’a pas échappé à ces abus intolérables”.
D’autres citoyens, ulcérés par ces comportements inadmissibles de certains bouchers véreux, déplorent que faute de l’achat d’un mouton, les pauvres gens sont plumés puisque l’achat de quelques kg de viande, de côtelettes, d’une fressure, de tripes et d’une tête de mouton, nécessite une dépense inattendue de 3 millions de centime.
Par : Hamid Baali









