La série des féminicides en Algérie s’alourdit une nouvelle fois avec l’assassinat d’Asmaa Oumaima, une adolescente de 16 ans, survenu fin janvier dans la commune de Sidi Akkacha, relevant de la wilaya de Chlef. Ce drame, d’une violence extrême, a provoqué une onde de choc au sein de la population locale et suscité une vive indignation à l’échelle nationale.
Selon les informations rapportées par l’Organisation Féminicides Algérie, la jeune lycéenne aurait été mortellement agressée à l’aide d’une fourche par son propre père. Les éléments recueillis indiquent que ce meurtre serait l’aboutissement tragique d’un long cycle de violences subies par la victime au sein du domicile familial. Malgré de multiples alertes adressées à son entourage, à son établissement scolaire, ainsi que le dépôt d’une plainte, aucune mesure de protection effective n’aurait été mise en place. Les appels répétés de l’adolescente n’ont pas permis d’empêcher l’irréparable.
« Tous ceux qui ont entendu ses appels au secours et n’ont rien fait portent une part de responsabilité dans ce meurtre », dénonce l’Organisation Féminicides Algérie. L’organisation rappelle qu’en Algérie, près de 37 % des féminicides sont commis par un membre de la famille, et que les mineures sont, dans la majorité des cas, tuées par leur père. Plusieurs affaires similaires survenues ces dernières années viennent illustrer une réalité jugée alarmante par les défenseurs des droits des femmes.
Féminicides Algérie pointe également les défaillances juridiques et institutionnelles qui, selon elle, contribuent à banaliser les violences faites aux femmes et à laisser les victimes sans protection réelle. Elle appelle à une action politique urgente et à la mise en place d’une stratégie nationale efficace de prévention et de prise en charge. L’affaire a également suscité des réactions sur le plan politique. Le Parti des travailleurs (PT) a estimé que ce crime « ne peut être réduit à un simple fait divers ».
Le parti dénonce une violence structurelle exercée contre les femmes dans le cadre familial et plaide pour une révision du Code de la famille, qu’il juge discriminatoire et contraire aux droits fondamentaux des femmes. Ce nouveau féminicide relance ainsi le débat sur la protection des femmes et des mineures en Algérie, face à un phénomène persistant qui continue de prendre une ampleur préoccupante.
Par : Akram Ouadah












