L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a commencé à notifier aux partis politiques les dossiers de candidature rejetés pour les élections locales du 28 novembre prochain. Selon les premières informations rapportées par diverses sources, plusieurs listes sont concernées par ces décisions, ravivant les interrogations sur l’application de la loi électorale. Les formations politiques doivent désormais trouver des remplaçants dans les délais légaux, alors que la constitution des listes s’est déjà révélée difficile.
Des listes touchées dans plusieurs communes
Selon les mêmes sources, notamment partisanes, six candidats de la liste du parti Sawt Echaab à Sidi M’hamed, dans la capitale, ont été écartés. Huit autres candidats figurant sur une liste indépendante à Alger-Centre, conduite par le maire en exercice, seraient également concernés.
Dans certaines communes de la wilaya d’Annaba, le nombre de candidatures rejetées aurait atteint 11, voire 20, notamment sur des listes du Front de libération nationale (FLN) à Sidi Amar et à Annaba. Des membres du comité central du parti ainsi que des responsables de sections locales à Sidi Amar, Berrahal, Chetaïbi et Annaba figureraient également parmi les personnes concernées.
L’examen des dossiers se poursuit, tandis que les listes touchées par les rejets doivent préparer des candidatures de remplacement dans les délais réglementaires précédant le scrutin. Cette contrainte risque de compliquer davantage la tâche des formations politiques, déjà confrontées à des difficultés de recrutement.
L’article 184 au cœur des contestations
D’après les différentes sources, les décisions de l’ANIE s’appuieraient notamment sur l’article 184 de la loi électorale, qui fixe les conditions d’éligibilité aux assemblées populaires communales et de wilaya. Ce texte prévoit des exigences relatives aux condamnations pénales, à la situation fiscale des candidats et à leurs éventuels liens avec des milieux financiers ou commerciaux suspects.
Le passage le plus controversé stipule qu’un candidat ne doit pas être connu du public pour ses liens avec de tels milieux ni pour exercer, directement ou indirectement, une influence sur le libre choix des électeurs et le bon déroulement du processus électoral.
Ces dispositions présentent des similitudes avec celles de l’article 200, applicable aux élections législatives et relatif aux conditions d’éligibilité à l’Assemblée populaire nationale (APN). Les deux textes encadrent les vérifications de l’ANIE au regard des critères prévus par la loi.
Le précédent des législatives ravive les inquiétudes
L’application de l’article 200 lors des précédentes élections législatives avait suscité de vives réactions dans les milieux politiques. Présentée comme un moyen de lutter contre l’influence de l’argent sale, elle avait été critiquée par plusieurs responsables de partis, qui dénonçaient le caractère jugé vague de certaines dispositions et l’absence, selon eux, de décisions judiciaires définitives justifiant certaines mesures. Des appels à la révision du texte avaient alors été formulés.
La situation actuelle suscite des inquiétudes au sein de plusieurs formations politiques, notamment le FLN, le Front de l’avenir et le Mouvement de la société pour la paix (MSP). Ces difficultés s’ajoutent à la baisse du nombre de candidats et aux obstacles rencontrés lors de la collecte des dossiers.
Les formations concernées doivent désormais identifier de nouveaux candidats répondant aux critères légaux et compléter leurs listes dans les délais impartis. Cette tâche s’annonce délicate, compte tenu des difficultés de recrutement et de la réticence observée lors de la collecte des dossiers.
Ces développements rappellent les précédentes élections législatives, marquées par le retrait de plus de 3000 candidats de la course. La semaine dernière, l’ANIE avait annoncé que 12 881 formulaires de déclaration collective de candidature avaient été retirés et distribués pour les élections des assemblées populaires communales (APC), couvrant les 1 541 communes du pays.
Par : S.A.B.










