En quête de nouveaux appuis politiques et militaires, le Front de libération de l’Azawad (FLA), dirigé par Alghabass Ag Intalla, multiplie les contacts dans l’est de la Libye et aux Émirats arabes unis. Cette démarche intervient dans un contexte de recomposition des rapports de force au Sahel et soulève des interrogations sur ses conséquences pour les relations du mouvement avec l’Algérie.
Selon plusieurs sources médiatiques spécialisées, une délégation du FLA s’est rendue à Benghazi pour rencontrer Saddam Haftar, commandant en chef adjoint de l’Armée nationale libyenne. L’ordre du jour n’ayant pas été officiellement dévoilé, cette visite viserait notamment à obtenir des équipements et à renforcer la coopération militaire. Des responsables du mouvement se seraient également rendus à Abou Dhabi, sans que la nature des échanges soit précisée.
Ces contacts s’inscriraient dans le prolongement d’une médiation libyenne ayant contribué à la libération de deux ressortissants russes détenus par le FLA depuis juillet 2024. Selon des sources citées dans la presse, Saddam Haftar aurait versé une rançon pour obtenir leur libération.
Alger préoccupée par les équilibres régionaux
Le rapprochement du FLA avec Benghazi et Abou Dhabi intervient dans un contexte marqué par les évolutions des relations entre Alger et Bamako. Pour l’Algérie, l’implication de nouveaux acteurs extérieurs dans le conflit malien suscite des préoccupations, notamment si ces contacts débouchent sur un soutien logistique ou militaire au mouvement.
Ces démarches s’inscrivent également dans un environnement régional marqué par les rivalités d’influence entre plusieurs puissances, dont les Émirats arabes unis, le Maroc et Israël. L’expansion des réseaux émiratis au Sahel et les coopérations sécuritaires régionales alimentent les inquiétudes quant à l’évolution des rapports de force aux frontières algériennes. Aucun élément disponible ne permet cependant d’établir que la démarche du FLA relève d’une stratégie coordonnée contre l’Algérie.
En effet, le porte-parole du mouvement, Mohamed Mouloud Ramadan, a affirmé que le FLA entretenait des relations avec différents pays en toute indépendance, sans servir les intérêts d’un camp contre un autre ni se laisser instrumentaliser dans les conflits régionaux.
Il a également souligné que l’Algérie demeurait un pays frère et voisin, avec lequel l’Azawad partage des liens historiques, sociaux et communautaires profonds.
Par : S.A.B.










