Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a affirmé, samedi, lors d’une audition consacrée à la présentation du budget de son secteur devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée Populaire Nationale (APN), qu’aucun plan visant à augmenter les prix du carburant n’est envisagé.
S’exprimant en réponse aux préoccupations des députés concernant l’article 218 du projet de loi de finances (PLF) pour 2027 — relatif à la révision éventuelle des prix du carburant par les autorités compétentes —, M. Arkab a précisé que cette disposition, figurant au chapitre « Dispositions diverses », ne traduit nullement une hausse des tarifs. Il a rappelé que les produits énergétiques en Algérie demeurent commercialisés à des prix très inférieurs aux cours internationaux, tout en soulignant la souveraineté du Parlement dans l’examen de cette mesure.
Abordant le volet social et opérationnel, le ministre d’État a mis en avant la rigueur des mécanismes d’audit appliqués lors du dernier concours de recrutement dans le secteur, ayant permis de couvrir 9 000 postes d’emploi en coordination avec les services de l’État. S’agissant du réseau de distribution, le gouvernement s’oriente vers la révision de la marge bénéficiaire des gérants de stations-service afin de garantir la pérennité de leurs activités, en particulier dans les zones éloignées et isolées.
37,5 milliards de dollars de revenus à fin septembre 2026
Sur le plan financier, les revenus des hydrocarbures ont atteint 37,5 milliards de dollars durant les neuf premiers mois de l’année 2026. Cette performance est portée par une hausse de 37 % du prix moyen du pétrole brut algérien par rapport à la même période en 2025, s’établissant à environ 97 dollars le baril, tandis que le prix moyen du gaz s’est élevé à 11,3 dollars par million de BTU.
Par ailleurs, en terme de fiscalité pétrolière, les recouvrements ont atteint 2 841 milliards de dinars, soit 105 % des prévisions de la loi de finances 2026 (2 698 milliards de dinars). A ussi, le groupe Sonatrach a réalisé 17 nouvelles découvertes d’hydrocarbures en effort propre depuis le début de l’année 2026, alors que ses investissements se sont élevés à plus de 6 milliards de dollars en 2026, contre 5,3 milliards en 2025.
Pour ce qui est de la consommation énergétique nationale, elle s’est établie à près de 59 millions de TEP, tirée par la demande croissante en gaz et en produits pétroliers durant la période estivale. En outre, dans le secteur du dessalement d’eau de mer, la production des stations en exploitation a progressé de 26 % à fin septembre 2026. L’Algérie compte désormais 19 stations de dessalement totalisant une capacité supérieure à 3,8 millions de mètres cubes par jour, satisfaisant environ 42 % des besoins nationaux en eau potable.
Augmentation du taux de transformation
Sur un autre plan et dans le cadre de la stratégie de développement à l’horizon 2030, le secteur vise à porter la production primaire d’hydrocarbures à 201 millions de TEP et à augmenter le taux de transformation à plus de 50 % (contre 30 % actuellement). Pour ce faire, une enveloppe budgétaire globalisée de 71,6 milliards de dollars est allouée au développement des activités du secteur, dont 52 milliards de dollars dédiés à l’exploration et à la production (amont), en sus de 13 milliards de dollars consacrés au raffinage et à la pétrochimie.
Parmi les projets structurants en cours figurent la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, l’unité de MTBE à Skikda, le complexe de polypropylène et l’unité de LAB à Arzew, ainsi que le projet d’intégration des phosphates à Bled El Hadba (Tébessa) et Oued Keberit (Souk Ahras).
Sur le plan international, l’Agence ALNAFT a lancé un appel d’offres portant sur 7 périmètres d’exploration (Ouargla, Illizi, Touggourt, El Bayadh), ayant suscité l’intérêt de près de 60 compagnies internationales, dont 21 qualifiées.
Sonatrach continue ainsi de renforcer ses partenariats stratégiques avec des acteurs mondiaux majeurs tels qu’Eni, Pertamina, Repsol, Occidental Petroleum et Sinopec, sous l’égide de la loi n° 19-13. Concernant le Gazoduc transsaharien (TSGP), les négociations se poursuivent selon le calendrier fixé, marquant le lancement en juin 2026 des travaux du tronçon algérien dans la wilaya d’Adrar.
Alors qu’en matière de transition écologique, Sonatrach intensifie ses efforts pour réduire l’empreinte carbone et éliminer le torchage de routine.
Par : Akram Ouadah










