Un véritable bras de fer se joue autour de la Place de la Liberté, dont la démolition controversée divise profondément la ville de Biskra.
Dans une atmosphère tendue, la Place de la Liberté, emblématique cœur urbain de Biskra, a été le théâtre d’une opération musclée ce jeudi 8 mai 2025. Plus de quinze locaux commerciaux, appartenant au patrimoine communal, y ont été brutalement démolis par les services de la commune, en coordination avec la police de la voie publique. Une opération censée s’inscrire dans le cadre du vaste projet de réhabilitation urbaine initié par les autorités locales, mais qui soulève une vive polémique quant à sa légalité et aux conditions dans lesquelles elle a été menée.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les locataires des lieux affirment avec indignation qu’aucun préavis officiel ne leur a été notifié, en contradiction flagrante avec les dispositions légales en vigueur. Ces commerçants, dont certains exploitent leur local depuis plus de trois décennies, se disent pris de court par cette démolition expéditive, dénonçant une violation manifeste de leurs droits les plus fondamentaux. D’autant que plusieurs d’entre eux se déclarent propriétaires du fonds de commerce, ou titulaires de contrats anciens régulièrement enregistrés, ce qui rend la situation encore plus complexe sur le plan juridique.
La commune, pour sa part, justifie son action en invoquant les instructions du wali de la wilaya, dans le cadre d’un programme de restructuration du centre-ville visant à moderniser les espaces publics et à éliminer les constructions jugées anarchiques. Dans un courrier transmis aux intéressés, les services municipaux précisent que les personnes concernées seront relocalisées, notamment dans les locaux du marché du mercredi, en guise de compensation. Cependant, cette proposition semble loin de faire l’unanimité parmi les principaux concernés, qui pointent du doigt l’opacité et l’absence de concertation ayant entouré toute l’opération.
Des informations, non confirmées, laissent entendre que certains commerçants pourraient être relogés dans les locaux inoccupés du complexe commercial d’El Kours, construits il y a plus d’une décennie dans le cadre d’un programme présidentiel de l’ancien chef de l’État. Toutefois, aucune déclaration officielle n’est venue confirmer cette hypothèse, alimentant davantage le sentiment de confusion et de frustration parmi eux.Face à cette situation explosive, le président de l’APC, Djoudi Tarek, est interpellé sur la manière dont cette intervention a été conduite.
Entre impératif de modernisation urbaine et respect des droits acquis, la réhabilitation de la Place de la Liberté pourrait bien devenir un précédent aux conséquences durables dans le rapport entre la population et les autorités locales.
Par : N.BENSALAH







