Samedi, l’association «Jijel antique» a invité l’ingénieur en travaux publics, AkliOurad, pour présenter son ouvrage, non pas traitant des routes, mais de la Palestine intitulé «De Londres à Jérusalem, terreur promise».
Pour la présentation suivie d’une vente-dédicace, l’auteur a choisi une manière particulière. Il a préparé un podcast vidéo qui a été projeté avant le début des débats. Il parle de la Palestine, «un sujet brûlant qui me fait beaucoup de peine. C’est un cri de colère.» Publié en novembre 2024, il est déjà à sa quatrième ou à sa cinquième édition. Il précisera que tous ses droits d’auteur seront versés à une association de Ramallah : «Je ne prends aucun dinar.» Dans le podcast, il revient sur la genèse de ce livre, souvenir d’une mission en Palestine en 1999 qu’ont ravivée les bombardements sauvages de Ghaza, depuis octobre 2023.
Tout commence en juin 1999. Le bureau d’études qui l’emploie (Birmingham en Angleterre), l’envoie en Cisjordanie pour des travaux entrant dans le cadre des accords d’Oslo. De ce voyage au cœur des territoires occupés, il dresse un décor terrible. Quand je suis parti en Cisjordanie, quatre ans après les accords d’Oslo, dira-t-il, il y avait 300.000 colons, aujourd’hui on est à 800.000 colons, précisant au passage que l’augmentation s’est opérée durant la gouvernance de gauche. Les choses ont empiré de manière défavorable pour les Palestiniens.
Ce qui explique que le gouvernement d’Israël, de droite ou de gauche, n’a absolument aucun intérêt à retirer les colonies de Cisjordanie. Leur objectif principal : c’est de nettoyer toute la Palestine de toute présence palestinienne. Pour lui, les accords d’Oslo sont une arnaque. Israël n’a jamais eu l’intention de partager la terre des Palestiniens avec les Palestiniens. Les frontières de 1967, ne représentent que 22% de la Palestine historique. C’est sur une série d’injustices sur qui revient l’auteur. Même la résolution de l’ONU de partage de la Palestine, donne 55% du territoire aux 30% de la population importée contre 45% aux 70% des habitants de la Palestine. Il s’étonne qu’on parle de frontières de 1967 qui donnent 78% du territoire aux Israéliens, alors que la résolution de 1948 n’a jamais été annulée. Et, Arafat a accepté les frontières de 1967. «La cause palestinienne est défendue plus par des intellectuels juifs de gauche que par les intellectuels arabes », lâchera-t-il. Il reprend à son compte la thèse de l’historien Yann Pavie qui considère que les régimes arabes, y compris l’OLP, font une grave erreur en parlant de Nakba, qui est célébrée chaque année. L’historien s’étonne de l’utilisation de cet euphémisme pour qualifier un nettoyage ethnique qui est sur le plan du droit international, un crime contre l’humanité! L’occupant israélien est décrit comme l’exécuteur des basses œuvres, quand il agit envers les Palestiniens. Un conflit où, plus la douleur est insoutenable, plus l’horreur prend de l’ampleur.
C’est un cri de colère lancé face aux douleurs subies par les Palestiniens du fait de l’implacable occupation doublée d’un apartheid encore plus cruel que celui qu’ont enduré les compatriotes de Mandela en Afrique du Sud. Le mot revient plusieurs fois lors de la séance. Le drame ne réside pas seulement dans le génocide et le manque d’empathie seulement, mais aussi dans l’accommodement du monde à tout ce qui se passe sur cette terre nourrie de terreur.
On détourne le regard sur l’occupation et les colonies qui rendent quasi-impossibles la création d’une entité viable dotée d’un continuum, assurant une gestion effective. Le gruyère palestinien qui fait que pour passer de son domicile à son lopin de terre, il faut une autorisation de l’armée. Il faut 10 à 14 heures pour faire 10 km! Il est frappé par le sort tragique et l’avenir sombre qui pèsent sur la population palestinienne.
Quand il demanda au réceptionniste de l’hôtel où il logeait quel était le meilleur moyen de rejoindre Jérusalem à partir de Ramallah. Le palestinien répondit : «Vous venez d’Algérie, à des milliers de kilomètres d’ici, et vous pouvez aller prier à El Qods avec votre passeport rouge ; et nous, qui habitons à une trentaine de kilomètres, nous sommes interdits d’y mettre les pieds!» L’auteur dira s’être senti comme un colon. Pour l’auteur, le 7 octobre 2023 sera le 1er Novembre 1954 des Palestiniens. La présentation de ce livre dénote aussi une désapprobation de l’inacceptable.
Par : Fodil S









