Accablés par des coûts de soins remboursés à des tarifs qui n’ont pas évolué depuis 1987, le patient doit encore mettre la main à la poche pour honorer des frais supplémentaires. Ces derniers sont liés au paiement de 10% du montant de l’acte pratiqué, si ce patient demande la facture de soins à son prestataire ! Un montant de trop, serions-nous tenté de dire, face à des coûts élevés que les patients n’ont plus la possibilité de supporter. Selon des explications fournies dans une clinique privée ayant pignon sur rue à El Khroub (Constantine), ce montant est à verser aux services des Impôts. Dans sa souffrance, le malade est taxé.
C’est le moins qu’on puisse dire, alors qu’il peine à honorer des tarifs de plus en plus onéreux. «C’est le dernier consommateur qui paie le montant des 10% de l’acte pratiqué», nous explique une secrétaire médicale dans cette clinique. Notre interlocutrice pousse encore son effort pour expliquer que «si le malade demande l’établissement de la facture de soins, c’est lui le dernier consommateur. Par conséquent, c’est lui qui paie les 10%. Si aucun malade ne demande cette facture, c’est la clinique qui prend en charge le paiement de ce montant aux services des Impôts». Sur la facture fournie, il est apposé un cachet comportant la mention «droit de timbre perçu au profit du Trésor».
Ce droit représente des frais supplémentaires pour un malade éprouvé par une panoplie de dépenses qui l’accompagne dans sa souffrance s’il demande une facture de soins pour faire valoir ses droits auprès de ses organismes employeurs. Ainsi, pour une angiographie rétinienne pratiquée à 10.000 DA, le patient paie 1000 DA supplémentaires pour la facture établie.
Ce montant de 10% est ajouté à tout autre acte pratiqué dans les cliniques privées si le patient demande sa facture, selon les explications fournies. Ceci d’une part, d’autre part, le patient fait face à la fatalité d’être confronté à des difficultés pour assurer le paiement de ses tarifs de soins dans le secteur privé. De plus en plus élevés, ces tarifs sont devenus un lourd fardeau pour les ménages.
À la moindre alerte de santé, c’est vers les cliniques privées que le citoyen se dirige pour des soins qui, pour une raison ou une autre, ne lui sont pas fournis dans le secteur public. Sensés prendre en charge une partie de ses frais selon un barème déterminé, les organismes d’assurance continuent de se soumettre à des tarifs de remboursement datant de 1987. L’assuré est, de ce fait, contraint de supporter à lui seul les honoraires de ses frais de soin. Une double peine pour le malade !
Par : Amor Z











