Le directeur général par intérim de la société de tabac algéro-émiratie Staem a été placé en détention provisoire pour des chefs d’accusation en lien avec la corruption.
Le juge d’instruction de la deuxième chambre du pôle pénal économique et financier a émis, dans la soirée du lundi, un jugement de mise en détention provisoire à l’encontre du DG par intérim, de trois cadres de la société et des opérateurs privés.
Les investigations ont été effectuées par la sécurité intérieure, qui a mené des perquisitions au siège de la société ainsi qu’aux domiciles des individus impliqués. Ces derniers ont été interrogés pendant une semaine.
Les prévenus sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation dont formation d’organisation criminelle, spéculation illicite, octroi d’avantages injustifiés à des tiers, passation de contrats en violation de la législation en vigueur, abus de fonctions, blanchiment d’argent et introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé.
Cette nouvelle ordonnance s’inscrit dans le cadre d’une enquête lancée depuis plus de huit mois par le pôle pénal économique et financier portant sur la gestion de la Staem, entreprise issue du partenariat entre la Société nationale des tabacs et allumettes et un groupe émirati dans le domaine du tabac. Depuis l’ouverture de ce dossier, plusieurs cadres de la société, responsables, opérateurs économiques et opérateurs privés, dont des grossistes spécialisés dans le commerce des produits tabagiques, ont déjà été arrêtés et placés en détention provisoire.
Parmi les personnalités qui ont déjà été mises en cause dans ce dossier figure Charaf Eddine Amara, ancien PDG du groupe public Madar Holding et ex-président de la Fédération algérienne de football (FAF).
Celui-ci a été incarcéré provisoirement le 8 juillet dernier dans le cadre de cette enquête sur les circonstances de ce partenariat. Le patron de la société émiratie partenaire a, lui, été arrêté avec plusieurs autres, soupçonnés en outre de transferts illicites de capitaux vers les Emirats arabes unis, de blanchiment d’argent et d’achat de biens immobiliers dans des conditions considérées comme «irrégulières».
Comme indiqué auparavant, l’enquête a débuté en novembre dernier, suite à la première série d’investigations du Service central de lutte contre le crime organisé situé à Saoula. Les mis en cause sont aussi suspectés d’infractions contre la loi sur le change et les mouvements de capitaux, d’enrichissement illicite et de conflit d’intérêts.
L’enquête se poursuit et devra faire la lumière sur les responsabilités de chacun, dans ce dossier considéré comme l’une des principales affaires de corruption examinées par le pôle spécialisé de Sidi M’hamed.
Par : Elyas Abdelbaki












