Par A.Ighil
Un mouvement de protestation a été déclenché, hier matin, par l’équipe médicale de l’établissement public hospitalier d’El Hadjar. Ils ont affiché leur ras le bol de l’insécurité qui règne en milieu hospitalier. Des médecins et des paramédicaux ont voulu dénoncer les agressions à répétition dont ils font l’objet de la part des accompagnateurs des malades et, en solidarité avec leur collègue médecin qui a été victime, la fin de semaine dernière, de violences des parents d’un malade. Les hôpitaux de la wilaya d’Annaba ainsi que les différentes structures de santé se sont transformés en lieux à risques, l’insécurité se répand et la colère des proches des patients finit souvent en rixes, voire en affrontements violents. Sur le front depuis une année et demie pour combattre cette pandémie meurtrière de la Covid-19, le corps soignant est devenu la cible de toutes les colères. La violence à l’égard des blouses blanches ne date pas d’aujourd’hui, mais le phénomène a pris de l’ampleur et s’est aggravé à la faveur de l’évolution dramatique de la pandémie du coronavirus et le manque de communication. Les agressions se sont multipliées. Les médecins travaillant dans ce foyer d’infection ne savent plus à quel saint se vouer. Les lits d’hospitalisation affectés au service de la Covid-19 sont pratiquement saturés. Le système de santé est mis à rude épreuve par un manque de moyens flagrant. Pour rappel, une agression qui a été largement médiatisée, c’est celle d’un médecin résident au service de réanimation de la Covid-19 de l’hôpital Ibn Sina. En apprenant le décès de sa mère, un jeune homme, âgé de 29 ans, a asséné un violent coup de poing à sa victime, suite à l’interdiction formelle d’entrée de la part du médecin en question, sans le port de la tenue de protection. L’agresseur, dans un état hystérique, a forcé l’accès au service. Suite à une plainte, l’agresseur a été mis sous mandat de dépôt et condamné à trois mois de prison ferme pour agression et insultes de fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions. Ce qui s’est passé hier, à l’entrée de l’hôpital d’El Hadjar illustre parfaitement le désarroi d’un personnel de santé débordé qui aspire à plus de sérénité et de sécurité en milieu hospitalier en pleine crise sanitaire.









