Contredisant les recommandations des institutions financières internationales, l’expert en questions sociales Nouredine Bouderba affirme que les subventions profitent prioritairement aux classes populaires et moyennes.
Alors que le budget consacré à l’aide sociale reste bien inférieur aux pertes dues à la fraude commerciale et fiscale, le syndicaliste met en garde contre la fin des subventions universelles et préconise une taxation accrue du capital pour préserver la paix sociale.
Dans un post publié hier sur sa page officielle, il affirme que les subventions publiques et les transferts sociaux ne constituent pas la cause principale des équilibres budgétaires et bénéficient majoritairement aux couches populaires et moyennes.
S’exprimant dans le cadre du débat sur le projet de loi de finances (PLF), M. Bouderba a réfuté les thèses soutenues par certaines institutions financières internationales, à l’instar du Fonds monétaire international (FMI), selon lesquelles le système de subventions généralisées profiterait davantage aux ménages aisés qu’aux catégories défavorisées.
Selon lui, près de 71% des subventions explicites inscrites au budget de l’État (aides aux familles, logement, santé et pensions) sont déjà « structurellement ciblées » vers les classes populaires et moyennes. Tout en reconnaissant que les ménages aisés consomment des volumes plus importants en termes absolus, M. Bouderba a souligné que la part des produits de première nécessité (lait, pain, huile) et de l’énergie (carburants, électricité) demeure « vitale et disproportionnée » dans le budget des ménages à faibles revenus.
A cet égard, il a mis en garde contre l’élimination des subventions universelles au profit de transferts monétaires directs, estimant qu’une telle mesure risquerait de fragiliser les classes moyennes non répertoriées dans les dispositifs d’aide et de les faire basculer dans la précarité.
Stabilité sociale
Analysant la structure de l’aide publique, il distingue ainsi deux grands ensembles : d’une part, les subventions explicites couvrant les produits alimentaires de base, la santé, le logement et les retraites, garantissant ainsi le pouvoir d’achat et la stabilité sociale ; d’autre part, les subventions implicites destinées à l’énergie et à l’eau, indispensables au maintien de la compétitivité du tissu industriel national et à la protection des usagers contre la volatilité des cours mondiaux.
Revenant sur l’impact financier des subventions, le syndicaliste a démontré que le montant global alloué au soutien des prix restait « nettement inférieur » aux pertes engendrées par les pratiques frauduleuses liées au commerce extérieur, notamment la surfacturation des importations et les transferts illicites de devises. Afin de préserver la pérennité des caisses de Sécurité sociale (CNAS et CNR), M. Bouderba a préconisé la prise en charge intégrale par le budget de l’État de l’ensemble des prestations à caractère non contributif.
Pour l’expert, le rétablissement des équilibres budgétaires ne doit pas s’effectuer au détriment des acquis sociaux et des populations vulnérables, mais à travers une réforme en profondeur de la fiscalité sur le capital, la résorption du secteur informel et une lutte rigoureuse contre la fraude et l’évasion fiscales.
Par : Akram Ouadah










