Par : Hamid Daoui
Il semblerait que beaucoup de faits sociaux récurrents démontrent que les effets de la crise se manifestent dans plusieurs secteurs depuis des années dans des entreprises de l’Etat du secteur économique (EPE) et celles à caractère industriel et commercial (EPIC) ainsi que des établissements et administrations publics.
A El-Khroub, les mécanos de l’entreprise des tracteurs agricoles d’Oued-Hamimime n’ont pas perçu leurs salaires en intégralité. Les ponctions sont opérées sur leurs rémunérations proportionnellement aux montants de chaque catégorie professionnelle, des ouvriers sur machines en passant par ceux de la maitrise, chef d’équipe et contremaitre jusqu’à celle de l’encadrement dirigeant, sans oublier les personnels administratifs et de soutien…etc.
Il en est de même pour d’autres entreprises qui ont commencé à réduire leurs charges sociales par les compressions de leurs effectifs à l’instar de l’unité Asmidal, des dégraissage de 6 employés faisant partie de leurs personnels avec des plans sociaux qui s’apparentent à des licenciements collectifs déguisés. Le risque de fermeture à terme plane sur des usines et le chômage n’est pas à écarter dans ce qui reste d’économie à l’arrêt.
Cependant, des entreprises communales n’arrivent plus à honorer les salaires de leurs ouvriers en raison du déficit en plans de charges et de l’instabilité provoquée par les luttes d’intérêts qui font rage entre le P/APC et les directeurs des entités. Celles-ci n’arrivent plus à assurer les minimum de service public pour les administrés dans tous les domaines de la vie sociale, en particulier de la ville en ces moments de montée du mercure.
Lorsqu’on sait que pratiquement toutes les rentrées financières de ces EPIC budgétivores proviennent des subventions de la mairie et de la commande publique de menus projets à l’exemple du marché de la confection des tableaux d’affichages destinés au scrutin biaisé du 12 juin. Ce marché a été octroyé à l’entreprise de réfection des trottoirs et des chaussées, rongée par une dégradation avancée dans un contexte de léthargie quasi-générale des institutions et des autorités municipales mobilisées comme à l’accoutumée au recyclage du système prédateur contre la volonté du hirak populaire pacifique réprimé violemment, sans discernement.
Même les services publics sociaux ont été mis en cause par l’austérité antipopulaire menée par les différents pouvoirs qui se sont succédés. Ainsi, à titre d’exemple illustratif, l’ancien hôpital d’El-Khroub relevant de l’établissement public de la santé de proximité (EPSP) a été carrément laissé à l’abandon ! Sur les 7 spécialités qui couvraient les besoins élémentaires de la population en matière de santé, seule la médecine générale continue de pratiquer des consultations médicales gratuites aux patients appauvris par les inégalités sociales et le chômage endémique en cette période pandémique.
Pour ainsi dire, la situation est très critique, voire explosive avec la très forte demande sociale dans une crise globale et intégrale qui n’épargne aucun secteur, en particulier celle de la confiance perdue entre les dirigeants et la société séparée par un fossé qui ne cesse de s’approfondir et s’aggraver avec l’entêtement du pouvoir/système à sacrifier l’avenir du pays et de son peuple.









