Longtemps, tout conduisait à Mostaganem. Cette année, c’est le Festival national du Théâtre amateur qui fait le déplacement. Pour sa 57e édition, le plus ancien rendez-vous consacré au théâtre amateur en Algérie poursuit une politique de décentralisation qui transforme les présélections en véritable tournée nationale.
Après une première étape à Aïn Témouchent, le festival installe ses commissions de sélection à Miliana, du 30 juillet au 2 août, avant de rejoindre Bordj Bou Arréridj du 4 au 6 août. Une démarche qui dépasse la seule question logistique. En choisissant de déplacer le regard plutôt que les candidats, le Festival reconnaît que la création ne se concentre plus dans quelques grands pôles culturels, mais irrigue l’ensemble du territoire.
Ces étapes régionales offrent aux compagnies amateurs un espace d’expression au cœur même de leur environnement artistique. Elles permettent aussi au jury de mesurer la diversité des pratiques théâtrales qui se développent à travers le pays. Des troupes venues de Jijel, Béjaïa, Sétif, Blida, Oran, Tizi Ouzou et d’autres wilayas présenteront leurs créations, témoignant d’une scène particulièrement vivante, portée par des associations et des coopératives qui continuent de faire du théâtre un lieu d’engagement et d’invention.
Cette évolution traduit une ambition plus large : faire du Festival un acteur du développement culturel, et non plus seulement l’organisateur d’une compétition annuelle. En investissant les scènes régionales, il contribue à valoriser les structures locales, à encourager les échanges entre artistes et à renforcer un maillage culturel souvent fragilisé.
Lorsque les troupes retenues retrouveront Mostaganem pour la phase finale, elles n’auront pas seulement franchi une étape de sélection. Elles porteront avec elles le parcours d’un festival qui, avant de célébrer le théâtre amateur, est allé à sa rencontre.
Par : Aly D












