Faute de port de plaisance capable d’absorber l’afflux estival de bateaux, les autorités ouvrent une concession pour organiser les entrées, sorties et le stationnement des embarcations à moteur et des bateaux de plaisance sur la plage La Caroube durant les mois de juillet et août.
La direction du Tourisme, de l’Artisanat et des Métiers d’Annaba a lancé, en fin de semaine, un appel à la concurrence pour l’exploitation touristique d’un espace dédié à l’entrée, à la sortie et au stationnement des embarcations à moteur et des bateaux de plaisance sur la plage La Caroube, pendant la saison estivale 2026.
Cette mesure s’inscrit dans la mise en œuvre de deux arrêtés du wali. Le premier, daté du 1er juillet 2026, interdit l’accès et le mouillage de toutes les embarcations à moteur sur les plages autorisées à la baignade de la wilaya. Le second, signé le 13 juillet, autorise l’octroi d’une concession pour aménager un point d’accès spécifique à La Caroube.
L’objectif est de répondre à l’absence d’un port de plaisance en mesure d’accueillir les nombreuses embarcations basées à Annaba ou provenant d’autres wilayas durant la période estivale. Le site retenu devra permettre d’encadrer les mouvements des bateaux, tout en limitant leur présence sur les plages fréquentées par les baigneurs.
Selon le cahier des charges, la concession est réservée aux personnes physiques ou morales disposant d’un registre de commerce dans les secteurs de l’hôtellerie, du thermalisme, des agences de voyages ou des activités touristiques et de loisirs. Les candidats devront également justifier des moyens humains et matériels nécessaires à l’exploitation, ainsi que d’une garantie bancaire.
Au-delà de l’aspect touristique, cette organisation vise à mettre un terme aux dépassements constatés ces dernières années. Les autorités évoquent notamment la circulation de bateaux de plaisance et de jet-skis au cœur des zones de baignade du littoral, où des manœuvres dangereuses ont été signalées, ainsi que l’utilisation de plages non autorisées pour diverses activités.
Les communes côtières, en coordination avec la direction du Tourisme et les garde-côtes, ont identifié des accès sur des plages semi-fermées, moins fréquentées par les estivants, afin de canaliser les mises à l’eau. Les plages privées exploitées dans le cadre d’investissements touristiques pourront également proposer la location d’embarcations, sous réserve d’isoler les pontons flottants des espaces de baignade et de respecter les conditions de sécurité imposées par les garde-côtes.
Cette réorganisation s’appuie sur un arrêté interministériel en vigueur depuis 2017, qui impose aux communes littorales de réglementer la circulation des bateaux de plaisance sur les plages. Ce dispositif prévoit notamment des accès balisés, le contrôle des documents des propriétaires et des permis de navigation, ainsi qu’une surveillance assurée par les garde-côtes avec le concours de la Gendarmerie nationale et de la Sûreté nationale.
Le ministère de l’Intérieur rappelle, également, aux communes l’obligation d’installer des barrières flottantes devant les plages autorisées à la baignade afin d’empêcher les embarcations de s’approcher des zones réservées aux nageurs, une mesure destinée à réduire les risques d’accidents mais qui n’est plus systématiquement appliquée sur plusieurs plages du littoral.
Par : J.Seghir











