L’Algérienne des Autoroutes (ADA) vient de débloquer une enveloppe financière conséquente pour lancer un projet attendu depuis des années. L’objectif est de réhabiliter le tronçon particulièrement dégradé reliant le quartier Zouaghi à la commune d’Aïn Smara, un axe névralgique qui empoisonne le quotidien des usagers.
C’est un ouf de soulagement pour les milliers d’automobilistes empruntant l’autoroute Est-Ouest dans sa traversée de la wilaya de Constantine. L’ADA a alloué un budget de près de 600 milliards de centimes pour engager des travaux de réhabilitation d’envergure sur un tracé de plus de 15 km, reliant le quartier Zouaghi Slimane à la municipalité d’Aïn Smara. Ce point noir structurel, qui traîne depuis des années des anomalies géologiques et des affaissements à répétition, impactait lourdement la fluidité du trafic et menaçait directement la sécurité routière.
L’ADA a, ainsi, annoncé récemment l’attribution provisoire de deux lots distincts liés à ce mégaprojet, pour un montant global de 599 milliards de centimes. Le premier lot, doté d’une enveloppe de 495 milliards de centimes, concerne le renforcement du corps de la chaussée et la réparation des ouvrages d’art sur une distance de 15,33 km, avec des délais de réalisation fixés à 14 mois.
Quant au second lot, estimé à plus de 104 milliards de centimes, il est dédié au traitement de deux zones d’instabilité géologique majeure situées aux points kilométriques PK 377+517 et PK 379+217, où les travaux devront y être menés dans un délai n’excédant pas 11 mois.
Le tronçon Zouaghi-Aïn Smara est considéré comme l’une des sections les plus critiques de l’autoroute Est-Ouest dans l’Est du pays. Les déformations de la chaussée, les nids-de-poule et les affaissements chroniques contraignaient les automobilistes à réduire drastiquement leur vitesse pour éviter toute perte de contrôle, notamment par temps de pluie. Cette situation dégradée a été à l’origine de nombreux accidents de la circulation et de pannes mécaniques à répétition, soulevant la colère des usagers qui réclamaient une solution définitive, surtout ces derniers mois où l’état de la route est devenu impraticable.
Par le passé, les interventions d’urgence de l’ADA n’ont été que des palliatifs éphémères. Les correctifs apportés se heurtaient systématiquement à la nature instable du sol et aux glissements de terrain propres à cette région, provoquant la réapparition des fissures seulement quelques semaines après la fin des travaux. Face à ce constat, le recours à des expertises techniques approfondies et à des
études géotechniques poussées s’est avéré indispensable pour traiter le problème à la racine via des solutions d’ingénierie durables.
Le dossier a connu une accélération notable ces derniers mois avec la finalisation des cahiers des charges et le lancement d’un avis d’appel d’offres national ouvert. À l’issue de l’évaluation des offres, le premier lot lié au renforcement et aux ouvrages d’art a été attribué provisoirement à l’entreprise ETP ALGER. Quant au second lot, axé sur le traitement des points de glissement géologique, il a été confié au géant public du BTP, Cosider.
Ce projet, qui revêt un caractère d’extrême urgence, devrait redonner ses lettres de noblesse à cet axe reliant plusieurs wilayas de l’Est algérien. L’installation des chantiers interviendra dès l’expiration des délais légaux de recours prévus par le code des marchés publics. Les autorités locales, à leur tête le wali de Constantine, ainsi que les responsables du secteur, s’étaient fortement mobilisés pour obtenir ce financement, finalement accordé par le ministère des Travaux publics au début de l’année en cours. Les entreprises retenues comptent capitaliser sur la stabilité des conditions climatiques pour faire avancer rapidement les travaux.
Par : Amina A.











