Face à la progression du phénomène de la toxicomanie, l’Algérie renforce depuis plusieurs années son dispositif de prise en charge des personnes souffrant d’addictions. Si la lutte contre les réseaux de trafic demeure une priorité sécuritaire, les pouvoirs publics misent également sur l’accompagnement médical, psychologique et social des patients afin de limiter les conséquences sanitaires et sociales de la dépendance.
Aujourd’hui, le pays dispose d’un réseau national de 55 structures spécialisées dans la désintoxication et l’addictologie. Celui-ci comprend cinq centres hospitalo-universitaires spécialisés et cinquante centres de soins en milieu extérieur répartis à travers les différentes wilayas. Rattachées aux établissements publics de santé et aux hôpitaux universitaires, ces structures accueillent chaque année plusieurs milliers de personnes confrontées à des problèmes de dépendance.
Depuis la création des premiers centres spécialisés à la fin des années 1990, ce réseau a connu un développement progressif et constant. Les autorités sanitaires soulignent d’ailleurs « l’intensification des efforts de l’État, en application des orientations des hautes autorités du pays, à leur tête le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour faire face au phénomène de l’addictologie, sous toutes ses formes, et réduire son impact sanitaire et socio-économique ».
Dans ces centres, la prise en charge ne se limite pas au traitement de la dépendance. Les patients bénéficient d’un accompagnement global associant soins médicaux, suivi psychologique, assistance sociale et programmes de prévention des rechutes. Médecins, psychologues, assistants sociaux et éducateurs interviennent de manière coordonnée afin d’aider les personnes concernées à reconstruire progressivement leur parcours de vie.
Cette approche repose sur la conviction que l’addiction doit être considérée comme une pathologie nécessitant des soins adaptés. L’objectif affiché est de « développer et renforcer la prise en charge des patients souffrant d’addictions et de promouvoir la qualité des soins et de la prévention », tout en favorisant leur réinsertion familiale, sociale et professionnelle.
Une réponse devenue d’autant plus nécessaire que la consommation de stupéfiants continue de gagner du terrain. Les chiffres des saisies réalisées par les services de sécurité témoignent de l’ampleur du phénomène, tandis que les structures sanitaires enregistrent une demande croissante de prise en charge. Les patients concernés consultent principalement pour des dépendances liées au kif traité, aux comprimés psychotropes ou encore à certains neuroleptiques détournés de leur usage médical.
Au-delà de la dimension sanitaire, les autorités considèrent la toxicomanie comme un phénomène à double visage. D’un côté, elle alimente les réseaux criminels qui font l’objet d’une répression renforcée ; de l’autre, elle engendre une souffrance individuelle qui nécessite écoute, soins et accompagnement. La stratégie nationale repose ainsi sur une équation claire : combattre les trafiquants avec fermeté tout en offrant aux victimes de l’addiction des parcours de soins gratuits et des perspectives de réinsertion.
Cette approche traduit la volonté de faire de la lutte contre la drogue non seulement un enjeu de sécurité nationale, mais également une responsabilité sanitaire et sociale, dans laquelle la prévention, le traitement et l’accompagnement occupent désormais une place centrale.
Par : A.D











