Le verdict a été prononcé, hier, dans le dossier de manipulation sur les licences d’importations, qui avait éclaboussé plusieurs cadres du ministère du Commerce extérieur et celui de l’Industrie, ainsi que plusieurs opérateurs économiques. Le procès s’est tenu le 7 juin devant la chambre correctionnelle du tribunal de Dar El Beïda (Alger).
Les plus lourdes sanctions prononcées par les juges du tribunal correctionnel concernent les chefs du réseau. La principale accusée, une ancienne fonctionnaire au ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, a été condamnée à sept ans de prison ferme. Un agent d’accueil du même département ministériel a écopé d’une peine de cinq ans d’emprisonnement. Les autres responsables et employés du gouvernement ont été condamnés à des peines d’emprisonnement de deux à trois ans.
Du côté des opérateurs économiques, les peines prononcées ont oscillé entre une et deux années d’emprisonnement, dont certains assortis de sursis. D’autres accusés ont été relaxés de toutes les charges pesant sur eux.
La sanction la plus lourde a toutefois été infligée à un prévenu en fuite. Le tribunal l’a condamné par contumace à 10 ans de prison ferme, tout en confirmant le mandat d’arrêt international émis à son encontre.
Pour ce qui est du volet civil, les condamnés doivent verser solidairement au Trésor public, à titre de réparation du préjudice subi, la somme de deux millions de dinars. Le tribunal a en revanche déclaré irrecevable la reconnaissance du bureau du ministère du Commerce extérieur en qualité de partie civile.
Cette affaire remonte à septembre 2025 quand un signalement avait conduit à l’ouverture d’une enquête qui a permis d’identifier un groupe de fonctionnaires et d’intermédiaires accusés de falsifier les tableaux prévisionnels d’importation à l’avantage de certaines entreprises. Les enquêteurs avaient, entre autres, analysé le téléphone portable de la principale suspecte, mettant au jour des conversations via l’application WhatsApp concernant le traitement de dossiers d’importation.
Les investigations ont aussi fait apparaître que plusieurs sociétés, notamment basées à Béjaïa, Oran et Aïn Témouchent, auraient également profité de ces opérations illicites. D’après ce qui a été exposé en audience, les autorisations contestées permettaient à certains opérateurs de dépasser les quotas réglementaires et d’obtenir des licences d’importation non accessibles à ces derniers.
Le parquet avait également rappelé l’existence d’un véritable «barème» de la corruption, certaines interventions étant tarifées à 25 millions de centimes par dossier.
Par : Elyas Abdelbaki









