Attirés par une demande soutenue, des vendeurs non agréés investissent les espaces publics pour écouler leur marchandise, souvent dans des conditions qui soulèvent de sérieuses préoccupations sanitaires.
À chaque début de saison de commercialisation du thon, le même phénomène refait surface sur les marchés et le long des routes des régions côtières : la multiplication des points de vente informels proposant cette viande marine très prisée. Au-delà de l’aspect économique ou des prix parfois plus accessibles, ce sont surtout les dangers liés à ces pratiques qui interpellent. Dans de nombreuses localités côtières, des morceaux de thon sont exposés sur de simples tables, à l’air libre, soumis à la chaleur, à la poussière et à divers facteurs environnementaux susceptibles d’altérer leur qualité. À cela s’ajoute l’absence de conditions minimales de conservation, notamment le non-respect de la chaîne du froid, pourtant indispensable pour un produit aussi périssable.
Les spécialistes de la protection des consommateurs alertent sur les conséquences potentielles de cette situation. Plusieurs observations ont été transmises aux autorités compétentes afin de renforcer les opérations de contrôle et limiter la propagation de pratiques jugées préjudiciables à la santé publique.
Selon Wahid Ben Radja, représentant de l’Organisation de protection et d’orientation du consommateur, le nombre de vendeurs informels connaît une hausse importante durant cette période, favorisée par l’abondance du thon au mois de mai. Les contrôles effectués ont également mis en évidence une absence quasi générale des normes d’hygiène : matériel insuffisamment propre, absence d’emballages adaptés et vente directe du produit sous forme de tranches sans respect des règles sanitaires.
Autre pratique pointée du doigt : les méthodes de découpe utilisées. Le thon est généralement découpé transversalement et vendu avec ses arêtes et différents résidus, contrairement aux méthodes reconnues qui prévoient une découpe adaptée permettant leur retrait. Une situation qui peut présenter des risques pour les consommateurs et témoigne d’un manque d’encadrement de l’activité.
Malgré ces mises en garde répétées, une partie des consommateurs continue de privilégier ces points de vente, souvent attirée par des prix jugés plus abordables. Dans certaines wilayas de l’intérieur, les prix du thon peuvent atteindre 2 000 dinars le kilogramme, tandis qu’ils oscillent entre 1 000 et 1 500 dinars dans les régions côtières, avec une baisse attendue dans les prochains jours.
Les spécialistes estiment toutefois que les consommateurs participent indirectement à la pérennisation de ces pratiques par leurs habitudes d’achat. Ils rappellent que la législation impose aux opérateurs le respect strict des conditions de stockage et de conservation. La loi 09-03 relative à la protection du consommateur et à la lutte contre la fraude exige notamment le maintien de la chaîne du froid, tandis que la loi 04-02 prévoit la mise à disposition d’équipements adaptés pour les produits périssables.
Face à cette situation, les associations de protection des consommateurs appellent à davantage de vigilance et invitent les citoyens à privilégier des points de vente respectant les normes sanitaires afin de limiter les risques d’intoxication alimentaire et freiner la prolifération du commerce informel.
Par : A.D












