Le wali a lancé, lundi dernier, plusieurs projets hydrauliques structurants. L’objectif est de résorber un déficit quotidien de 17.000 m³ et de mettre fin aux perturbations récurrentes dans les communes d’El Khroub, Ouled Rahmoune et Aïn Abid.
Face au stress hydrique qui pèse sur la zone Sud de la wilaya de Constantine, les autorités locales passent à l’offensive. Le chef de l’Exécutif, Abdelkhalek Sayouda, a procédé, lundi, au lancement d’un vaste programme d’urgence destiné à renforcer l’alimentation en eau potable (AEP) et à améliorer le service public pour des dizaines de milliers de foyers. Ce plan s’articule autour de nouveaux forages, de la réhabilitation des réseaux et d’un projet stratégique de dédoublement de la conduite principale.
La situation à El Khroub illustre l’urgence de l’intervention. Avec une population frôlant les 270.000 habitants, les besoins journaliers s’élèvent à 55.000 m³. Or, la production actuelle ne dépasse guère les 38.000 m³/jour. Ce gap de 17.000 m³ a engendré, ces dernières années, une instabilité chronique du réseau, alternant entre des quartiers servis quotidiennement et d’autres soumis à un rationnement sévère (un jour sur deux, voire sur trois).
Pour inverser la tendance, la direction des Ressources en eau (DRE) a mobilisé une enveloppe dépassant les 16,9 milliards de centimes pour la réalisation, l’équipement et l’électrification de trois (3) nouveaux forages à El Khroub, Hamma Bouziane et Ibn Ziad. Le caractère «urgent» de ces opérations est marqué par des délais de réalisation n’excédant pas 90 jours.
Le programme prévoit la mise en service, dès l’année en cours, de plusieurs forages (notamment les puits F24 et F25) qui injecteront 7.000 m³ supplémentaires par jour dans les réservoirs d’El Khroub. La zone de Salah Derradji bénéficiera également d’un renforcement conséquent avec deux nouveaux forages d’une capacité globale de 4.000 m³/jour.
En parallèle, le wali a insisté sur la réhabilitation des réseaux de distribution pour limiter les fuites, citant des chantiers en cours à Aïssani Amar, Aïn Nahas et au centre-ville d’El Khroub, dont certains affichent des taux de progression de 95%. «L’essentiel de ces opérations doit être livré entre mai et juillet pour garantir un été serein aux citoyens», a-t-il martelé.
Si Constantine dépend à 70% du barrage de Beni Haroun et à 30% des eaux souterraines, l’avenir du secteur repose sur un projet d’envergure nationale. M. Sayouda a révélé qu’une demande a été introduite auprès du ministère de l’Hydraulique pour le financement du dédoublement de la conduite de transfert depuis la station de pompage de Sidi Khalifa vers Aïn Smara.
«Ce projet structurant, dont la réalisation est estimée à deux (2) ans, permettra d’éliminer définitivement les fluctuations de débit et de sécuriser l’approvisionnement de l’ensemble de la wilaya», a précisé le wali. En attendant, des dispositions particulières ont été prises pour assurer une distribution régulière durant l’Aïd El-Adha et la saison estivale, s’appuyant sur l’embellie des nappes phréatiques de Boumerzoug et Ouled Rahmoune après les dernières précipitations.
Par : Amina A.












