ExxonMobil, l’un des plus grands groupes pétroliers et gaziers intégrés au monde, confirme son retour d’intérêt pour le marché algérien, qu’il place désormais au centre de ses perspectives d’expansion en Méditerranée. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie visant à identifier de nouveaux bassins de production, alors que certains gisements historiques, notamment dans le bassin permien au Taxas (USA), arrivent à maturité.
C’est ce qu’a déclaré John Ardill, vice-président du groupe en charge de l’exploration, lors du Forum de l’énergie de Houston. Il y a souligné la volonté de la compagnie d’accélérer ses investissements dans la région, avec un intérêt particulier pour le potentiel gazier non conventionnel de l’Algérie.
Selon le responsable américain, ExxonMobil suit de près les opportunités offertes par plusieurs marchés méditerranéens. Il a notamment cité « le potentiel gazier de l’Algérie, de la Grèce et de la Méditerranée orientale », en mettant en avant l’ampleur des ressources algériennes, estimées à environ 7 000 milliards de mètres cubes de gaz non conventionnel. Ce potentiel pourrait permettre une production additionnelle dépassant les 20 milliards de mètres cubes par an, selon les estimations évoquées lors de la signature d’un précédent protocole avec Sonatrach.
Dans cette dynamique, ExxonMobil a signé en 2024 un protocole d’accord avec Sonatrach portant sur le développement des bassins d’Ahnet et de Gourara. Cet engagement illustre la volonté du groupe américain de renforcer sa présence dans des zones stratégiques, en s’appuyant sur le potentiel énergétique algérien et sa proximité avec le marché européen.
Ces négociations s’inscrivent dans une vision à long terme visant à constituer un portefeuille d’actifs solides dans une région considérée comme hautement stratégique, en raison de ses réserves importantes et de sa position géographique.
Le gaz non conventionnel au cœur des priorités mondiales
Lors de son intervention à Houston, John Ardill a insisté sur l’importance croissante des investissements dans l’exploration et la production pour répondre à une demande mondiale en forte progression, portée par la croissance démographique, les transformations économiques, ainsi que l’essor de l’intelligence artificielle et des centres de données.
Il a également mis en avant le rôle stratégique du gaz non conventionnel, estimant qu’il représente une opportunité majeure pour les pays disposant de ressources importantes. Il a cité l’exemple des États-Unis, devenus premier producteur mondial d’hydrocarbures grâce au développement du gaz de schiste.
Le responsable d’ExxonMobil a également rappelé les conditions nécessaires au succès des investissements énergétiques, reposant selon lui sur « les meilleurs talents scientifiques, les technologies les plus performantes et la mise en place de partenariats solides et durables entre les propriétaires des ressources et les investisseurs ». Dans ce cadre, il a estimé que l’Algérie constitue un partenaire crédible et stratégique pour le groupe.
Cette dynamique intervient dans un contexte de forte activité internationale autour du secteur énergétique algérien. Plusieurs acteurs mondiaux, notamment chinois, ont déjà renforcé leur présence, à l’image d’un projet signé en juin dernier pour le développement du bassin de Berkine, illustrant l’intensification de la concurrence autour du gaz non conventionnel en Algérie.
ExxonMobil, leader mondial du secteur, est présent dans plus de 50 pays et dispose d’importantes capacités technologiques et financières, avec un portefeuille d’investissements de plusieurs centaines de milliards de dollars.
Enfin, l’accord de principe signé le 23 mai 2024 entre Sonatrach et ExxonMobil constitue une étape clé dans le renforcement de leur coopération. Il établit un cadre global couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur pétrolière, avec un accent particulier sur les bassins d’Ahnet et de Gourara, considérés parmi les plus prometteurs du pays.
Ce partenariat repose sur trois axes principaux : l’excellence opérationnelle, l’innovation technologique et la durabilité environnementale, avec un engagement affiché en faveur des standards internationaux en matière d’environnement, de responsabilité sociale et de gouvernance.
Par : S.A.B












