Samedi, au théâtre régional Azzedine Medjoubi d’Annaba, a eu lieu la diffusion du premier long-métrage. Présenté dans le cadre de la 6ᵉ édition du Festival du film méditerranéen d’Annaba, «Route Algéricaine», sorti en 2026 et réalisé par Rabah Ameur-Zaïmeche, propose une immersion singulière dans le désert du Sud algérien, envisagé comme un espace ouvert, propice à l’errance, à la contemplation et à la redécouverte de soi. À travers cette œuvre, le cinéaste poursuit une démarche artistique exigeante, centrée sur l’humain et les territoires.
Une traversée entre paysages et intériorité
Dans «Route Algéricaine», le désert s’impose comme un personnage à part entière. Loin d’un simple décor, il devient le lieu d’une expérience sensorielle où le temps semble suspendu. La traversée qui structure le film s’apparente à un cheminement intérieur, porté par une mise en scène épurée, attentive aux silences, aux gestes et à la lumière.
Rabah Ameur-Zaïmeche privilégie une narration libre, laissant place à l’improvisation et à une forme de réalisme poétique. Les acteurs, souvent issus d’horizons divers, apportent une présence brute et authentique, en adéquation avec cette esthétique qui brouille les frontières entre fiction et réalité.
Trajectoires humaines au cœur du désert
Au fil du récit, le film suit Slimane, Sofiane et Anna, une chercheuse, que le hasard réunit sur les routes désertiques. Leurs parcours se croisent dans une situation complexe donnant naissance à une solidarité progressive. Entre entraide et échanges, leurs interactions dessinent une dynamique humaine subtile, où chacun avance au contact de l’autre. Cette rencontre devient ainsi l’un des moteurs du film, révélant des liens fragiles mais essentiels au cœur de l’immensité.
Une œuvre fidèle à une démarche singulière
Révélé avec Wesh Wesh, qu’est-ce qui se passe?, puis confirmé avec des films comme Bled Number One ou Terminal Sud, Rabah Ameur-Zaïmeche développe, depuis plus de deux décennies, un cinéma personnel marqué par une attention constante aux parcours humains et aux espaces traversés.
Avec «Route Algéricaine», il prolonge cette recherche en explorant une dimension plus contemplative, où l’image et le rythme participent pleinement à la construction du récit. Le film s’inscrit dans une rétrospective consacrée au cinéaste, souvent décrite comme une «fraternité des révoltés», mettant en lumière la cohérence de son parcours artistique.
Carrefour cinématographique méditerranéen
Projeté au Théâtre régional d’Annaba, le film s’inscrit dans une programmation qui reflète l’ambition du Festival du film méditerranéen : valoriser des œuvres ancrées dans les réalités et les imaginaires du bassin méditerranéen. Pour sa 6ème édition, l’événement confirme son rôle de plateforme de rencontres entre cinéastes, professionnels et public.
En accueillant « Route Algéricaine », le festival met en avant un cinéma d’auteur qui privilégie l’exploration formelle et la richesse des récits. Une manière de renforcer sa place dans le paysage culturel national et régional.
Un regard en mouvement
À travers cette nouvelle réalisation, Rabah Ameur-Zaïmeche invite le spectateur à un voyage où les paysages dialoguent avec les trajectoires humaines. Le film «Route Algéricaine» reflète alors une dynamique cinématographique, tournée vers la recherche, l’émotion, l’ouverture et le partage, en écho à l’esprit du Festival du film méditerranéen d’Annaba
Par : Sana A.K











