
Le secteur algérien des assurances franchit une nouvelle étape dans son organisation réglementaire. L’Union Algérienne des Sociétés d’Assurance et de Réassurance (UAR) a officialisé, à travers son rapport d’activité 2025, la mise en place d’un comité dédié à la conformité et à la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme, la fraude ainsi que la protection des données personnelles.
Cette initiative marque une évolution importante : les compagnies d’assurance s’inscrivent désormais dans une logique de surveillance rapprochée comparable à celle des établissements bancaires, avec des exigences accrues en matière de traçabilité et de contrôle des opérations.
Dans les standards internationaux du Groupe d’action financière (GAFI), les assureurs sont déjà considérés comme des acteurs financiers soumis à des obligations de vigilance. Leur activité, qui repose sur la collecte de primes, le règlement d’indemnisations et la gestion de placements, implique des flux financiers conséquents et diversifiés, nécessitant des mécanismes de contrôle rigoureux afin de limiter les risques d’exploitation frauduleuse.
Un encadrement renforcé des pratiques et des flux
Le comité nouvellement créé aura pour mission d’accompagner les sociétés membres sur plusieurs axes stratégiques, notamment les procédures de conformité, la lutte contre la fraude documentaire, ainsi que la mise en œuvre des dispositifs « Know Your Customer » (KYC). Il devra également contribuer à la sécurisation des données personnelles, un enjeu devenu central dans le secteur.
Cette initiative met en lumière des disparités entre les acteurs du marché. Certaines compagnies disposent déjà de structures de conformité avancées et de systèmes d’information performants, tandis que d’autres accusent encore un retard dans l’adaptation aux normes réglementaires.
Pression entre croissance et exigences réglementaires
Au-delà des aspects financiers, la question de la gestion des données personnelles devient un enjeu majeur. Les compagnies d’assurance détiennent en effet des informations sensibles sur leurs clients, allant de l’identité civile aux données patrimoniales, en passant parfois par des éléments médicaux selon les contrats. Toute faille dans la protection de ces données pourrait exposer le secteur à des risques juridiques et réputationnels significatifs.
En se dotant de mécanismes internes de conformité, l’UAR cherche à démontrer la capacité du secteur à s’autoréguler et à se conformer aux exigences internationales, dans un contexte où l’Algérie est engagée dans un processus de sortie de la liste grise du GAFI.
Le rapport 2025 de l’UAR sera soumis à l’examen lors de la prochaine assemblée générale de la fédération, dont la date reste à fixer. À l’horizon juin 2026, la prochaine évaluation du GAFI permettra de mesurer l’efficacité des réformes engagées par l’ensemble du secteur financier algérien, assurances comprises, dans la lutte contre les circuits illicites et le renforcement de la transparence.
Par : S.A.B







