Sofiane Djilali, fondateur et ex-président de Jil Jadid, a adressé une lettre ouverte au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, au sujet de la situation politique en Algérie. Dans ce texte, celui-ci tire la sonnette d’alarme, soulignant une «évolution inquiétante» de la vie publique, citant comme exemple l’«interruption d’une séance de dédicace et la censure d’un ouvrage universitaire».
Mais au-delà de ce cas précis, la lettre met l’accent sur une tendance de fond qui traduit «une transformation progressive du climat général de l’expression et du débat public».
«Des acteurs de la vie politique et intellectuelle se trouvent marginalisés, certaines formes d’expression encadrées de manière de plus en plus restrictive, et l’engagement citoyen tend, dans ce contexte, à se fragiliser», a-t-il mentionné.
Or, si cette évolution «ne relève pas nécessairement d’une intention explicite», elle produit, a écrit Sofiane Djilali, des effets concrets, à savoir «une méfiance croissante, une prudence excessive dans la parole publique, et un désengagement progressif d’une partie des forces vives de la société».
L’auteur évoque aussi un «échange direct» qu’il a eue avec le chef de l’État, au début de son premier mandat, durant lequel le Président avait exprimé sa volonté de mettre un terme à «certaines habitudes du passé». Des engagements qui avaient suscité «un réel espoir». «C’est à la lumière de cette perspective initiale que les évolutions actuelles interrogent et méritent, selon moi, une attention particulière», a-t-il ajouté.
Dans cet ordre, l’ex-président de Jil Jadid estime que «la restauration de la confiance entre l’État et les citoyens ne peut résulter uniquement de mesures administratives ou économiques, mais d’un climat général où la parole, l’initiative et la contribution intellectuelle sont pleinement reconnues et protégées».
En dernier lieu, Sofiane Djilali affirme que «la stabilité durable d’un pays ne repose pas seulement sur l’ordre, mais sur la confiance qu’un peuple accorde à ses institutions et sur la capacité de celles-ci à inspirer respect, sécurité et adhésion». Une «exigence essentielle» à laquelle le pays est «aujourd’hui confronté».
«C’est dans cet esprit que je m’adresse à vous, en tant que citoyen attaché à l’avenir de son pays et convaincu que la confiance reste le fondement le plus solide de toute construction nationale», a écrit Sofiane Djillali dans cette lettre.
Par : Elyas Abdelbaki









