C’est un événement sans précédent qu’a vécu la Coquette hier. Pour la toute première fois dans l’histoire du pays, un souverain pontife foule le sol algérien, et c’est à Annaba, l’antique Hippo Regius, que le Pape Léon XIV a choisi de marquer la deuxième étape de sa visite en Algérie.
Arrivé le matin d’hier en provenance d’Alger, le Saint-Père a été accueilli au niveau de l’aéroport Rabah Bitat par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines Ahmed Attaf, le commandant de la 5e région militaire, la ministre de la Culture ainsi que le wali de la wilaya
Le souverain pontife a reçu un accueil protocolaire empreint de solennité, avant d’être salué avec ferveur par les citoyens d’Annaba. ces derniers lui ont réservé une ovation spontanée. Une scène forte, témoignant de l’esprit de tolérance et de coexistence entre les religions en Algérie.
Sur les traces de Saint Augustin à Hippone
Le Pape Léon XIV s’est ensuite rendu au site archéologique d’Hippone ou il a entendu des explications sur le site archéologique, haut lieu de mémoire où vécut et officia Saint Augustin pendant plus de trois décennies. Dans ce cadre chargé d’histoire, le souverain pontife a déposé une gerbe de fleurs avant de planter une branche olivier au cœur des vestiges de la Basilica Pacis, l’ancienne Église de la Paix.
Ce geste hautement symbolique, associé à l’olivier universellement reconnu comme emblème de paix, a été perçu comme un message fort adressé au monde. La visite a également été marquée par une prestation chorale par les étudiants de l’école supérieur de musique, ajoutant une dimension culturelle et spirituelle à ce moment solennel.
Annaba au cœur d’un moment historique
Présente sur le site, De son côté, la ministre de la Culture, Malika Bendouda, a affirmé que cette visite à Annaba constitue un moment historique à forte portée symbolique, soulignant l’attachement du souverain pontife à la pensée de Saint Augustin, fondée sur les valeurs de paix et de tolérance. Elle a également rappelé que la basilique Saint-Augustin était autrefois surnommée « la basilique de la paix ». La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a mis en avant les efforts engagés pour inscrire les itinéraires augustiniens au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle a souligné que ce projet stratégique vise à valoriser le patrimoine d’Annaba culturel et historique, renforcer le rayonnement culturel de l’Algérie et promouvoir le tourisme culturel.
Une halte empreinte de coexistence à la maison d’accueil
Après Hippone, le souverain pontife s’est rendu à la maison d’accueil pour personnes âgées, gérée par l’Association des Petites Sœurs des Pauvres, rattachée à l’église Saint-Augustin. Accueilli chaleureusement par les résidents et le personnel, Le Pape Léon XIV a pris le temps d’écouter les pensionnaires, issus de différentes nationalités,
Le témoignage d’un résident musulman, évoquant une cohabitation harmonieuse entre différentes confessions, a particulièrement marqué le souverain pontife, illustrant concrètement le vivre-ensemble.
Prenant la parole, le souverain pontife a exprimé sa joie d’être présent dans ce lieu. Il a également souligné que « l’existence de tels lieux incarne des valeurs d’espoir, malgré les guerres et les injustices que connaît le monde », ajoutant que « ces initiatives humanitaires et solidaires reflètent la miséricorde divine et donnent un sens profond au vivre-ensemble ».
Un moment spirituel majeur au cœur de la basilique Saint-Augustin
Point culminant de cette visite, le Pape Léon XIV a présidé une messe catholique à la basilique Saint-Augustin en présence d’évêques, de prêtres et de nombreux fidèles. Dominant majestueusement les ruines antiques.
Se définissant comme un « fils spirituel de Saint Augustin », le souverain pontife a donné à cette étape une dimension profondément personnelle, évoquant un véritable pèlerinage sur les traces de l’un des plus grands penseurs de l’Église chrétienne
Au-delà de son caractère historique, cette visite revêt une portée symbolique majeure. À travers ses gestes et ses discours, le Pape Léon XIV a mis en avant les valeurs de paix, de dialogue interreligieux et de coexistence.
De l’olivier planté à Hippone aux échanges avec les citoyens et les résidents de la maison d’accueil, chaque étape de cette journée a illustré une volonté claire : l’Algérie une terre de rencontre et de fraternité.
Pour beaucoup d’observateurs, ce déplacement dépasse le cadre diplomatique pour s’inscrire dans une démarche spirituelle profonde, celle d’un retour aux sources augustiniennes et d’un appel renouvelé à la paix et la coexistence entre les peuples à l’ombre des conditions géostratégiques dans le monde.
Par : Ikram Saker









