Le chef de l’Église catholique a particulièrement mis en avant les qualités du peuple algérien, soulignant sa résilience face aux épreuves de l’histoire.
En visite en Algérie, le souverain pontife a délivré un message fort, depuis la grande Mosquée d’Alger, empreint de spiritualité et d’engagement en faveur de la paix, saluant la profondeur historique et les valeurs humaines du peuple algérien. Se présentant comme un « pèlerin de paix », il a exprimé son désir de rencontrer un peuple qu’il décrit comme noble, uni par une foi profonde et un sens aigu de la solidarité. Dans un monde marqué par les conflits et les incompréhensions, il a insisté sur la nécessité de promouvoir le dialogue et la reconnaissance d’une humanité commune.
‘’La force de la nation réside dans ses citoyens ordinaires’’
Le chef de l’Église catholique a particulièrement mis en avant les qualités du peuple algérien, soulignant sa résilience face aux épreuves de l’histoire. Selon lui, la véritable force de la nation réside dans ses citoyens ordinaires, porteurs de valeurs d’hospitalité, de dignité et de cohésion sociale. Il a salué une générosité « profondément enracinée », visible aussi bien dans les relations entre compatriotes qu’envers les étrangers. Évoquant la notion de « sadaqa », il en a élargi le sens au-delà de l’aumône, pour y voir une expression de justice sociale.
« Celui qui accumule des richesses en restant indifférent aux autres est injuste », a-t-il affirmé, appelant à un partage équitable des ressources et à une solidarité active. Dans un contexte international marqué par les inégalités et les tensions, il a dénoncé les dérives d’un monde où certaines sociétés, malgré leur développement, s’enfoncent dans l’exclusion.
L’Afrique, a-t-il rappelé, connaît bien les effets destructeurs des logiques de domination. Le souverain pontife a également insisté sur le rôle que peut jouer l’Algérie sur la scène internationale, en raison de son histoire et de sa position stratégique. Il a encouragé le pays à poursuivre son engagement en faveur du dialogue entre les peuples et à contribuer à l’émergence d’un ordre mondial plus juste, fondé sur le respect du droit international et de la dignité humaine.
‘’Pour une gouvernance au service du bien commun’’
S’adressant aux responsables politiques, il a plaidé pour une gouvernance au service du bien commun, fondée sur la justice et l’inclusion. Il a notamment appelé à renforcer le rôle de la société civile et à accorder une place centrale aux jeunes, considérés comme porteurs d’espoir et de renouveau. Sur le plan géographique et symbolique, il a mis en lumière la position singulière de l’Algérie, carrefour entre la Méditerranée et le Sahara, entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest.
Ces espaces, a-t-il souligné, ont longtemps été des lieux d’échanges et d’enrichissement mutuel, et ne doivent pas devenir des « cimetières de l’espérance ». Le message s’est également voulu un appel à lutter contre les causes profondes du désespoir et à s’opposer à toute forme d’exploitation de la vie humaine. « La dignité de l’homme est inviolable », a-t-il martelé, invitant à unir les efforts pour faire des espaces communs des lieux de vie et de rencontre.
Abordant les tensions contemporaines entre religion et modernité, il a mis en garde contre les dérives du fondamentalisme comme de la sécularisation excessive, qui peuvent vider le sens spirituel ou le détourner à des fins violentes. Face à ces défis, il a appelé à promouvoir l’esprit critique, le dialogue et la reconnaissance de l’autre comme un partenaire, et non une menace.
Clôturant son intervention, le souverain pontife a formulé un vœu : celui de voir l’Algérie poursuivre son chemin en tant que terre de paix, de dialogue et d’espérance, au bénéfice de toute l’humanité.
Par : Akram Ouadah









