Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP) a fini par tenir une réunion, samedi, pour se pencher sur le transfert du patrimoine de l’ex-Endimed (Entreprise nationale de distribution détail des médicaments), avec ses 829 agences réparties à travers le territoire national, au profit de Saidal. Une décision qui ne plaît pas à l’ordre des pharmaciens qui y voit un procédé contraire aux réglementations en vigueur, alors que dans la soirée le groupe pharmaceutique a donné un aperçu sur ses ambitions pour ces pharmacies.
«Le CNOP soulève des interrogations majeures quant à la conformité de cette démarche avec la législation en vigueur», a-t-il indiqué, dans un communiqué sanctionnant les travaux de cette réunion.
«La loi n°18-11 relative à la santé distingue clairement les établissements pharmaceutiques qui sont des personnes morales à activités industrielles ou de distribution et les pharmacies d’officines qui assurent une activité et des services de santé, qui sont exercées par une personne physique», a expliqué le CNOP, rappelant que le pharmacien est «l’unique propriétaire et gestionnaire du fonds de commerce dont il est titulaire».
«Le CNOP conscient de la préoccupation de la corporation recommande de surseoir à cette démarche et rappelle au respect au modèle officinal actuel en privilégiant la réaffectation des agences Endimed aux milliers de pharmaciens inscrits sur les listes d’attente du ministère de la Santé», a-t-il ajouté.
Dans le communiqué annonçant cette réunion de samedi, le CNOP avait précisé que des «mesures appropriées seront prises dans le respect strict de la loi et des principes de l’exercice officinal».
Saidal s’explique
Quelques heures après la publication de ce communiqué, le groupe Saidal a réagi pour sa part, donnant des indications pour ce qui est de ses projets pour ces pharmacies.
«Le réseau des pharmacies Saidal se compose de 829 pharmacies réparties dans la plupart des wilayas du pays, dont 350 sont opérationnelles et d’autres non exploitées», a affirmé le groupe, soulignant qu’il a mis en place «un plan pour la réouverture des pharmacies laissées à l’abandon, afin de renforcer la présence locale, notamment dans les zones reculées, rurales et le Grand Sahara».
Ce réseau de l’ex-Endimed a été placé sous la gestion du groupe Saidal «conformément à une décision du Conseil des participations de l’État», a-t-il encore précisé, ajoutant qu’il s’agit «d’une chaîne de pharmacies publiques qui disposent d’agréments».
La décision de transfert de ce patrimoine vise, a indiqué Saidal, à «moderniser les pharmacies publiques et les rapprocher du citoyen, redynamiser l’activité des pharmacies en difficulté financière, rouvrir celles qui sont fermées, notamment dans les zones reculées, garantir la disponibilité des médicaments dans tout le pays et organiser des campagnes de sensibilisation pour les citoyens».
«Le système des pharmacies publiques n’est pas propre à l’Algérie. Il est également appliqué dans d’autres pays», a encore indiqué Saidal, précisant que ces «pharmacies Saidal» commercialiseront tous les médicaments, aussi bien ceux fabriqués par le groupe que ceux des autres laboratoires.
En somme, le groupe pharmaceutique public déroule son plan pour ce réseau d’officines, au moment où l’ordre des pharmaciens conteste la démarche.
Par : Elyas Abdelbaki












