La question des décisions de justice non appliquées préoccupe au plus haut point les responsables de l’UGTA. Le secrétaire général de la Centrale syndicale, Amar Takdjout, qui, il y a quelques jours seulement avait lancé un cri d’alarme par rapport à cette question, a signé, dimanche, une décision portant, création d’«une Commission nationale des conflits sociaux au niveau du département des conflits sociaux et des affaires économiques», qui est placée sous la supervision du secrétaire national chargé de ce département, à savoir Mohamed Zoubiri.
Une commission qui aura pour mission «d’élaborer un fichier national recensant les décisions de justice définitives concernant les travailleurs et les syndicalistes issus des différents secteurs économiques et domaines d’activité».
Composée de 14 membres, cette commission «contribuera également à formuler des propositions et des mécanismes visant à faciliter l’application des décisions de justice, dans le but de préserver les droits des justiciables ayant obtenu gain de cause devant la justice».
Pour rappel, le 23 février dernier, lors de son passage au forum d’«El Moudjahid», Amar Takdjout, avait exprimé sa grande colère face à la non-application des décisions de justice, qualifiant cette situation de «mépris inacceptable» et de «dérive dangereuse». Il a ainsi dénoncé ce qu’il estimé être des «pratiques scandaleuses et moralement indéfendables».
«Lorsqu’une décision de justice est prononcée au nom du peuple, elle doit être appliquée. La contourner ou la retarder délibérément, c’est piétiner l’État de droit et humilier les travailleurs concernés », a-t-il déclaré à ce propos.
«Ce n’est pas seulement une question juridique, c’est une question de dignité. On ne joue pas avec la vie des gens. On ne bafoue pas impunément leurs droits», a-t-il encore ajouté, évoquant des «familles privées de salaires» et des «travailleurs réhabilités par la justice mais toujours exclus dans les faits».
Face à cette situation, le SG de l’UGTA a affiché la «détermination» de la Centrale syndicale à user de «tous les moyens légaux» pour imposer les uns et les autres à mettre en application les décisions de justice. «Nous n’accepterons plus les promesses creuses ni les manœuvres dilatoires. L’application des jugements n’est pas une faveur, c’est une obligation», a-t-il déclaré.
«Un pays qui ne respecte pas ses propres décisions de justice sape ses fondements. Nous refusons que les travailleurs soient les victimes silencieuses de ces défaillances», a-t-il lancé en définitif.
L’installation de cette commission est un premier pas, mais attendons les résultats pour conclure.
Par : Elyas Abdelbaki












