À l’approche du mois sacré de Ramadan, le secteur de la Pêche et des Productions halieutiques se mobilise pour garantir un approvisionnement régulier du marché et contribuer à la stabilisation des prix. Pas moins de 130 tonnes de produits aquacoles seront injectées durant cette période de forte consommation, avec un rôle central dévolu au tilapia rouge, désormais pilier de l’aquaculture continentale.
Le directeur régional de la Pêche et de l’Aquaculture de Guelma, Habita Faouzi, a fait état de la disponibilité de ce stock, mobilisé en prévision de Ramadan. Selon lui, ce dispositif vise à offrir aux citoyens une alternative protéique de qualité à des tarifs jugés compétitifs, tout en atténuant les tensions récurrentes que connaît le marché des produits halieutiques à l’approche des grandes échéances religieuses.
La wilaya de Khenchela concentre l’essentiel de cette production. Sur les 130 tonnes prévues, 120 tonnes proviennent de l’entreprise Cosider Agrico, implantée dans la commune de Babar. Cette structure, considérée comme un leader national, maîtrise l’ensemble du cycle de production du tilapia rouge, de l’alevinage à la commercialisation. Les 10 tonnes restantes sont assurées par des agriculteurs privés ayant intégré l’aquaculture à leurs exploitations, illustrant la dynamique de diversification encouragée par les pouvoirs publics.
Une première opération de pêche a, d’ores et déjà, permis la mise sur le marché de 2,5 tonnes, soit 25 quintaux, de tilapia. Ce volume a été acheminé vers les points de vente de l’Office national des aliments du bétail et de la volaille (ONAB) dans plusieurs wilayas de l’Est, notamment Oum El-Bouaghi, Guelma, Souk-Ahras, Constantine et Skikda, en parallèle à l’ouverture des marchés de solidarité.
Cette année, la commercialisation bénéficie d’un encadrement plus structuré à la faveur d’une convention conclue entre la Chambre algérienne de la pêche et de l’aquaculture et l’ONAB. Ce partenariat vise à accompagner les producteurs dans les phases de distribution, à garantir le respect des normes sanitaires et à réduire l’intervention des intermédiaires, afin de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs.
Dans la même dynamique, la direction générale de la Pêche prévoit le lancement prochain d’une plateforme numérique destinée à mettre en relation directe producteurs, transformateurs et points de vente. Cet outil devrait constituer une base de données nationale permettant d’optimiser les flux commerciaux et d’assurer une meilleure traçabilité des produits.
Sur le plan sanitaire, un dispositif de contrôle rigoureux a été mis en place en coordination avec les services du Commerce. Des brigades mixtes veilleront au respect de la chaîne du froid et à la conformité des certificats vétérinaires sur les lieux de vente, afin de prévenir tout risque d’intoxication alimentaire.
Par ailleurs, le secteur a engagé des actions à caractère social et pédagogique. Des sessions de formation ont été organisées au profit de détenus en fin de peine à Khenchela, dans une perspective de réinsertion professionnelle, ainsi qu’au profit d’opérateurs économiques à Guelma, autour des normes de sécurité et de qualité des produits halieutiques. À travers cette mobilisation, les responsables entendent consolider la place de l’aquaculture comme levier de sécurité alimentaire et instrument de régulation du marché, particulièrement en période sensible comme celle du Ramadan.
Par : Amina A









