L’Algérie traverse une crise automobile majeure, marquée par une quasi-disparition des véhicules neufs sur le marché local. Hormis quelques importations individuelles effectuées par des particuliers à leurs frais, les options pour acquérir une voiture neuve restent très limitées. Cette pénurie, combinée à l’explosion des prix des véhicules d’occasion, rend l’achat inaccessible pour une large partie de la population. Dans ce contexte, le député indépendant Wahid Al Sidi Cheikh propose d’autoriser l’importation de véhicules de moins de 10 ans, contre 5 ans actuellement pour les Algériens de l’étranger via le Certificat de Changement de Résidence (CCR), dont l’application est prévue dès 2026. Cette initiative pourrait offrir une alternative face à la rareté de l’offre et aux prix prohibitifs.
Marché sous forte pression et prix prohibitifs
Les délais de livraison des véhicules neufs produits localement sont extrêmement longs, Fiat étant le seul constructeur actif en Algérie. Les acheteurs du Doblo Panorama, par exemple, devront patienter jusqu’au premier semestre 2026 avant de recevoir leur véhicule. De leur côté, les prix des voitures d’occasion ont flambé : un modèle qui valait 70 millions de dinars il y a quelques années peut désormais atteindre 300 millions. « Une voiture à 70 millions, le citoyen peut l’acheter, mais à 300 millions, c’est difficile ! », souligne le député Al Sidi Cheikh, rappelant la détresse financière de nombreux consommateurs.
Actuellement, les Algériens de l’étranger peuvent importer des véhicules de moins de 3 ans, seuil qui passera à 5 ans dès 2026 via le CCR. Cette limite demeure insuffisante face à la demande croissante. L’élargissement à 10 ans permettrait, selon le député, de proposer davantage de choix, tout en maintenant des prix plus abordables et en complétant l’offre locale, dont la production peine à suivre le rythme.
Cette mesure pourrait également contribuer, toujours selon le député, à réguler le marché de l’occasion, limiter la spéculation et offrir aux Algériens un accès élargi à des véhicules récents et fiables, sans nuire au développement de l’industrie automobile locale.
Elle apparaît donc comme une solution pragmatique pour répondre à l’urgence d’un marché sous forte pression et à des consommateurs en attente d’alternatives accessibles.
Par : S.A.B.











