Le Front des forces socialistes (FFS) a exprimé, hier, son « rejet » du projet de la loi de finances pour l’année 2026, évoquant, entre autres, « un budget déficitaire construit autour d’une logique rentière » et un financement « non-conventionnel » déguisé de la dette.
« Le FFS rejette ce projet de loi de finances et s’inquiète vivement de ses conséquences immédiates car il enferme le pays dans une vision comptable étroite, qui ne répond ni aux urgences sociales, ni aux besoins de diversification réelle de l’économie, ni à l’exigence de transparence dans la gestion des deniers publics », a indiqué le parti, dans un communiqué signé par son Premier secrétaire national Youcef Aouchiche, soulignant que « le pays mérite une stratégie budgétaire mieux réfléchie et plus cohérente, capable de répondre aux aspirations populaires de développement économique et de prospérité sociale ».
Le FFS a ainsi estimé que « tant que la loi de finances restera élaborée largement par l’exécutif et adoptée sans véritable débat, l’Algérie continuera de subir des budgets qui prolongent la dépendance à la rente, creusent des déficits structurels, affaiblissent la souveraineté économique et manquent de justice sociale ».
« Seul un Parlement fort pourra discuter en profondeur le budget, l’amender et proposer des alternatives qui répondent aux exigences et besoins nationaux », a-t-il affirmé, avant d’indiquer que « participer massivement aux prochaines échéances, c’est se donner les moyens d’obtenir un véritable contrôle des finances publiques ».
Ce qui, de l’avis du parti, fera en sorte pour que « le PLF cessera d’être un exercice technocratique caricatural de répartition de la rente et deviendra enfin un outil démocratique de transformation sociale et économique au service du peuple algérien ».
Allant dans le détail du projet de loi de finances, le FFS a précisé que « l’examen attentif du rapport de présentation dudit texte et de ses annexes montre un budget déficitaire construit autour d’une logique rentière ».
« Avec un déficit global du Trésor dépassant les 5 000 milliards de dinars – soit environ 12,5 % du PIB –, une faible consommation des crédits d’investissement, une dette publique en augmentation continue et des dépenses imprévues représentant près de 12% du budget, le PLF 2026 se caractérise par un manque évident de rigueur et de sincérité, pourtant principes budgétaires universels », a-t-il estimé.
Un déficit budgétaire « massif et structurel »
Pour le FFS, « le texte du PLF confirme le déficit budgétaire massif et structurel des dernières années », citant l’exemple des prévisions pour la période 2026-2028 qui « annoncent des déficits globaux persistants, allant de plus de 5 186 milliards de dinars en 2026 (12,4 % du PIB) à plus de 5 417 milliards de dinars en 2028 (11,2 % du PIB) ». Des déficits qui « sont programmés, assumés et intégrés au modèle de gestion étatique mis en œuvre actuellement ».
Dans cet ordre, le parti estime qu’ « il est légitime de s’inquiéter que ce projet de loi de finances soit trop porté, à la fois, sur la gestion de la dette et sur son financement –non conventionnel–déguisé ».
À titre d’illustration, explique le FFS, « l’une des mesures clés du PLF 2026 consiste à modifier en profondeur les conditions d’octroi des avances de la Banque d’Algérie au Trésor », à savoir le « remplacement de la notion de –recettes ordinaires– par celle, beaucoup plus large, de — ressources budgétaires– », l’« augmentation du plafond de ces avances de 10 % à 20 % » et la « prolongation de la durée de remboursement à une année, renouvelable une fois ».
Ce qui signifie, estime le FFS, « la légalisation de facto du financement monétaire des déficits par le mécanisme de la création de monnaie, qui servira à combler artificiellement les trous budgétaires ».
En dernier lieu, le parti a tenu à rappeler, à cet effet, que « les prochaines élections législatives seront déterminantes pour doter le pays d’une Assemblée populaire nationale plus représentative et responsable, capable d’assumer pleinement ses missions constitutionnelles de législation et de contrôle ».
Par : Elyas Abdelbaki










