La wilaya d’El-Tarf a abrité, les 5, 6 et 7 novembre 2025, un séminaire sur les anémies hémolytiques congénitales sous le thème «Vivre avec la drépanocytose», une pathologie qui, au même titre que la thalassémie, appartient à cette catégorie. Organisée sous le haut patronage du wali, en collaboration avec la direction de la Santé, cette rencontre, initiée par l’Association des anémies héréditaires de la wilaya d’El-Tarf, a réuni de nombreux spécialistes, ainsi que des représentants d’associations engagées dans la lutte contre ces maladies.
La première journée a été consacrée à l’accueil des participants et à la présentation de trois communications portant sur «La drépanocytose à El-Tarf entre enjeux et réalité», ainsi que deux autres conférences sur la drépanocytose chez l’enfant et chez l’adulte, animées par des spécialistes fortement impliqués dans la prise en charge de cette pathologie. La deuxième journée a été riche en communications et en débats, avec la présentation de plusieurs thèmes inscrits au programme. La dernière journée a, quant à elle, été dédiée à l’accueil des malades et de leurs parents pour des séances d’éducation sanitaire à l’hôtel El Mehdi, à Aïn Laâsel (El-Tarf).
Au-delà de la qualité des présentations assurées par d’éminents spécialistes, c’est la situation préoccupante de cette maladie dans la wilaya d’El-Tarf et dans les autres wilayas touchées, notamment dans le Nord-Est du pays, qui a retenu l’attention. Tous les intervenants ont lancé un appel urgent aux autorités sanitaires afin de mettre en place un plan d’urgence pour la lutte contre ces anémies. Ce plan devrait inclure la création de centres de référence, ainsi que la mobilisation de moyens humains et matériels capables d’améliorer la situation difficile des malades. Même si la prise en charge a connu une nette évolution par rapport aux années précédentes, l’enjeu demeure d’assurer un suivi réel et efficace pour l’ensemble des malades à travers le pays, particulièrement dans les zones endémiques. L’implication des pouvoirs publics constitue un facteur déterminant, car sans leur intervention, la situation risque de stagner. À ce titre, il est rappelé que l’absence d’une obligation d’effectuer l’électrophorèse d’hémoglobine dans le cadre des examens prénuptiaux, pourtant essentielle pour éviter les mariages à risque conduisant à de nouvelles naissances d’enfants malades, compromet l’atteinte des objectifs fixés.
Pour rappel, la prise en charge de la drépanocytose et de la thalassémie à El-Tarf et Annaba, les wilayas les plus touchées, avec Skikda dans la région Nord-Est, repose largement sur les efforts d’un groupe de médecins dévoués à la cause des malades au point d’intégrer leurs associations, malgré les difficultés rencontrées. Très impliqués dans ce suivi, ces spécialistes, menés par Pr Djennouni du CHU d’Annaba, accomplissent un travail remarquable pour améliorer la situation des patients.
Par : Amor Z












