Le changement opéré par l’Algérie concernant l’approvisionnement en blé, en se tournant vers les marchés, russe et ukrainien, semble affecter au plus haut point la filière française, même si les politiques français, surtout de droite, ne veulent pas le reconnaître.
Et c’est dans ce cadre-là que la «question algérienne» s’est «invitée» dans le débat parlementaire français au sujet du projet de loi de Finances 2026.
«Les relations diplomatiques dégradées avec l’Algérie ont conduit à réduire à néant les importations de blé français par ce pays, alors qu’il en importait cinq millions de tonnes par an depuis 2018, soit environ 50 % des exportations françaises en la matière», a écrit, le député d’extrême droite de l’Union des droites pour la République (UDR), Alexandre Allegret-Pilot, dans l’avis de la Commission des affaires économiques qu’il preside.
Le député a cité l’Algérie comme étant l’un des facteurs ayant influé négativement sur la balance commerciale française.
Les USA, la Chine, la mer rouge, puis l’Algérie
Il avait auparavant évoqué un «environnement international» qui est «marqué par la conjonction de tensions géopolitiques et diplomatiques produisant une forte instabilité, qui pèse sur les relations commerciales mondiales», et ce, avec «la guerre commerciale que l’administration américaine mène dans le cadre de son plan de réindustrialisation, qui a conduit l’UE à conclure un accord controversé en juillet dernier».
Dans son rapport, il a été mentionné que «le déficit commercial de la France a continué à se résorber en 2024, dans la continuité de l’année 2023 et en rupture avec une année 2022 marquée par les conséquences délétères de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine sur le commerce extérieur».
Pour ce qui est des céréales, la même source indique qu’ «en 2024, l’excédent commercial français en céréales se contracte de 0,9 Md€ pour s’établir à 6,2 Md€, poursuivant le repli amorcé après le record de 2022», soulignant que «la faiblesse de la récolte 2024 et la perte de compétitivité du blé français face aux blés originaires de la mer Noire (Russie, Ukraine) limitent les ventes».
Ceci, alors que «les exportations d’orge enregistrent la plus forte dégradation (– 33 %) sous l’effet de la division par deux des achats chinois, la Chine cherchant à atteindre l’autosuffisance en céréales».
Un député LFI réagit
Lors des débats, des députés ont réagi au contenu de l’avis de la Commission des affaires économiques. «Vous déplorez l’effet de la dégradation de nos relations diplomatiques avec l’Algérie, qui a réduit à néant les importations de blé français par ce pays, lesquelles représentaient 50 % de nos exportations. J’espère donc que vous aurez la cohérence de voter contre la proposition de résolution raciste que le Rassemblement national défendra jeudi pour dénoncer l’accord franco-algérien de 1968» .
Alexandre Allegret-Pilot, d’extrême droite, a bien entendu répondu par le négatif. «Quant à la proposition de résolution défendue par le Rassemblement national, je la voterai naturellement. Je rappelle par ailleurs que l’Algérie ne commande plus de blé français. Pourquoi nous priverions-nous de notre souveraineté ?», a-t-il affirmé.
En somme, l’ «intrusion» de l’Algérie lors du débat au sein de la Commission des affaires économiques sur la loi de Finances 2026, et la situation du marché céréalier français, démontre qu’au delà de la coopération sécuritaire, la dégradation des relations algéro-françaises a eu aussi d’importantes implications pour l’économie française.
Par : Elyas Abdelbaki










