La prison, lieu d’enfermement et de souffrance, s’est révélée aussi un espace d’écriture et de création. C’est ce qu’a rappelé le colloque consacré à la littérature carcérale, organisé samedi 13 septembre 2025 à l’université, où se sont retrouvés chercheurs et enseignants autour d’un thème rarement exploré en Algérie.
De nombreux écrivains ont trouvé dans l’expérience de l’incarcération une matière à réflexion et à création. Le colloque a mis en lumière cette production singulière, où le témoignage personnel a croisé l’expression esthétique et la résistance intellectuelle. L’événement s’est ouvert dans la matinée par une cérémonie officielle en présence du président du colloque, de représentants du secteur de la culture et du coordinateur général.
Deux sessions de communications ont rythmé la journée. La première, présidée par le professeur Mokrane Fassi, a exploré l’expérience intime des prisonniers à travers leurs écrits. L’intervention de Mr Driss Boudiba a porté sur “La sensibilité humaine et esthétique dans les lettres des prisonniers”. Le professeur Nawar Abidi s’est intéressé à “L’évolution de la créativité carcérale dans la littérature arabe”, tandis que Mme Salha Nouacer a proposé une réflexion sur “La littérature carcérale entre confidence du corps, de l’âme et résistance”.
La seconde session, dirigée par le professeur Sebti Soltani, a élargi la réflexion vers une approche philosophique et symbolique de la prison. Le professeur Mokrane Fassi a présenté une communication intitulée “La philosophie des prisons dans la littérature et la culture”. Le professeur Ibrahim Badi a analysé “Le contenu de la prison dans la littérature algérienne”. La professeure Mariem Boucharb a évoqué “La prison comme métaphore majeure de l’existence”, avant que Mr Karim Ammar ne conclue les interventions par une réflexion sur “La créativité en prison, de Sartis à l’Émir Abdelkader”.
En consacrant une journée à ce thème, les organisateurs ont affirmé la place essentielle de la littérature carcérale, encore méconnue, dans la compréhension de l’histoire, de la culture et des luttes. L’écriture née derrière les murs, loin de se réduire à une plainte, a montré qu’elle est aussi un acte de dignité et de transmission.
Toutes les communications présentées se sont distinguées par leur qualité, confirmant la richesse d’un champ encore trop peu étudié. Elles ont su conjuguer rigueur scientifique et profondeur humaine, en ouvrant des pistes de recherche nouvelles tout en donnant à entendre la voix des écrivains passés par l’épreuve de l’incarcération. Cette qualité d’ensemble a renforcé l’idée que la littérature carcérale mérite une attention accrue dans les milieux académiques et culturels, tant elle éclaire autrement les rapports entre création, mémoire et résistance.
Par : Aly D









