« Si la menace du MAK semble restreinte à l’intérieur des frontières algériennes, le mouvement s’est attiré des appuis extérieurs », signale le média Parisien.
Le journal Le Monde a, dans sa publication d’avant hier, révélé les interconnections du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), classé terroriste, avec l’entité sioniste et le Makhzen marocain. Le mouvement indépendantiste kabyle, classé comme terroriste par Alger, a l’appui du Maroc et d’Israël. Sous la plume des journalistes, Hamid Nasri et Simon Roger, le MAK est confondu et mis à nu par l’un des plus sérieux et crédible medias français.
L’article du Monde, intitulé « Le MAK, classé comme terroriste par Alger, a l’appui du Maroc et d’Israël », met clairement un lien entre le MAK et le journaliste français, Christophe Gleizes, condamné et incarcéré pour « apologie du terrorisme » et liens avec une « organisation terroriste ».
« Longtemps réduit au cercle des observateurs des tribulations politiques algériennes, le MAK a acquis une visibilité inédite avec l’affaire Christophe Gleizes », souligne le média français. Le 29 juin, Christophe Gleizes a été condamné à sept ans de prison par le tribunal de Tizi Ouzou, pour les griefs suscités, après avoir passé treize mois sous contrôle judiciaire, alors que son procès en appel pourrait se tenir à l’automne. « Parti en reportage en Algérie pour le magazine So Foot, il est coupable, aux yeux de la justice algérienne, d’avoir entretenu des contacts avec le MAK, classé depuis 2021 comme organisation terroriste par Alger », ajoute Le Monde. La même source souligne que l’histoire du MAK débute au lendemain du « printemps noir » de l’année 2000.
Dans l’article du Monde, il est précisé que « si la menace du MAK semble restreinte à l’intérieur des frontières algériennes, le mouvement s’est attiré des appuis extérieurs ». « Nous avions besoin de soutiens internationaux pour parvenir à l’aboutissement de notre combat », argumente Ferhat Mehenni, repris par le même média.
En 2012, note Le Monde, le président du MAK a obtenu à Jérusalem le soutien qu’il était venu chercher. « Son mouvement est depuis un allié indéfectible d’Israël, solidaire des victimes du 7 Octobre et opposé à une solution à deux Etats », poursuit-il. Autre révélation : Le Maroc a manifesté officiellement – notamment à plusieurs reprises lors de l’assemblée générale de l’ONU – son adhésion à la cause du MAK.
Les lobbys makhneszien au service du MAK
De son côté, le mouvement présidé par le dénommé Ferhat Mehenni défend la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, contre les indépendantistes sahraouis et n’y voit aucun paradoxe. « Le Front Polisario est une création algérienne qui relève d’une stratégie de déstabilisation du voisin et de la lutte pour le leadership régional », défend-t-il pour se mettre dans les bonnes grâces de la Monarchie marocaine.
En 2023, la Ligue marocaine pour la citoyenneté et les droits de l’homme (LMCDH) a signé un protocole d’accord avec le MAK et structure désormais à Paris une « Ligue kabyle » des droits de l’homme. L’objectif est d’en faire « un acteur crédible et influent dans le plaidoyer international », avance Driss Sedraoui, proche du Makhzen marocain. L’internationalisation du MAK passe aussi par Londres ou Washington, fait savoir Le Monde.
« C’est la mission que le mouvement a confiée, depuis 2023, à Elisabeth Myers, une avocate américaine basée à Marrakech, où elle a fondé sa société de conseil », révèle-t-il. « Mon activité – et celle de mon équipe – consiste notamment à organiser des campagnes de communication auprès des députés et des sénateurs américains, mais aussi des agences fédérales, des législateurs… », explique la lobbyiste, citée par Le Monde.
« Pour le moment, l’administration Trump est trop occupée par le dossier des migrants pour nous prêté une oreille attentive », poursuit Elisabeth Myers, qui échange tout de même avec le département d’Etat. L’avocate, lit-on dans l’article, assure avoir conseillé le MAK bénévolement pendant plusieurs mois et toucher désormais un forfait de 500 euros par mois. Le média marocain Le Desk évalue, toutefois, ses émoluments à 1 000 dollars (862 euros) de l’heure. Un ancien militant, Idir Djouder, accuse le mouvement indépendantiste de percevoir 250 000 euros par mois du Maroc.
Pour Le Monde, Le MAK trouve en France des soutiens parmi la diaspora kabyle, forte de plusieurs centaines de milliers de personnes, et des relais à l’Assemblée nationale, notamment de la part des élus du parti Régions et peuples solidaires, affilié au groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires.
Par : Akram Ouadah









