Le président Tebboune a, en marge de la visite du président du Liban en Algérie, Joseph Aoun, reçu en fin de semaine au Palais El Mouradia à Alger une délégation de journalistes libanais. Plusieurs questions ont été abordées lors de cette rencontre avec les journalistes et ont été largement reprises par la presse libanaise dont le quotidien arabophone An Nahar, paraissant à Beyrouth. À une question sur « la normalisation » des relations avec Israël, le chef de l’Etat a réitéré la position officielle de l’Algérie par rapport ç cette question. « Le monde entier parle d’une solution à deux Etats. Nous avons dit aux Américains que nous ne normaliserons pas nos relations avec Israël avant que cette solution ne soit mise en œuvre», a-t-il déclaré, cité par An Nahar, tout en rappelant que l’Algérie avait accueilli une conférence pour la réconciliation des factions palestiniennes, afin de mettre fin aux divisions internes. Il a, selon la même source, également salué le rôle de l’Arabie Saoudite et ses efforts pour un règlement du conflit au Proche-Orient. « L’Arabie Saoudite joue actuellement un rôle important dans les efforts pour résoudre la question palestinienne. Nous avons des relations solides avec le Royaume et nous lui sommes reconnaissants d’avoir été à nos côtés pendant les guerres et les soulèvements», a-t-il ajouté.
Sur les relations algéro-françaises, le président de la République a indiqué que celles-ci traversent « une phase difficile», marquée par « des tensions mémorielles et des déclarations de responsables français» sur la colonisation et la migration. Il a, à ce sujet, affirmé n’avoir aucun problème avec le président français, Emmanuel Macron. « Je n’ai pas de problème personnel avec le président Macron, mais une minorité extrémiste en France a fait de l’Algérie son obsession», a-t-il indiqué, ajoutant : « Nous avons une mémoire que nous ne renierons jamais. »
L’Algérie a de bonnes relations avec les USA, la Chine et la Russie
Concernant les relations de l’Algérie à l’international, il a indiqué que le pays entretenait « de bonnes relations avec les États-Unis, la Chine et la Russie ». « Nous avons dit aux Américains que personne ne pouvait nous monter contre un autre pays», a-t-il confié au média libanais. Le président Tebboune a, par ailleurs, souligné que l’Algérie restait un partenaire « fiable pour l’Europe » et a rappelé les « relations solides » avec plusieurs pays européens, notamment après sa récente visite en Italie.
Sur le Liban, avec lequel l’Algérie entretient des relations historiques, M. Tebboune a affirmé que les efforts en matière de reconstruction des régions récemment bombardées devront s’intensifier à l’avenir.
« L’Algérie sera le principal soutien du Liban en matière de reconstruction », a-t-il dit, annonçant, au passage, la mise en place d’un comité d’ingénieurs pour « suivre l’exécution de ces projets ». L’aide promise est évaluée à 200 millions de dollars. Toujours à propos de l’aide algérienne, la presse libanaise a relevé qu’à la différence de certaines capitales qui conditionnent leur soutien à la question du désarmement du Hezbollah, Alger demeure fidèle à sa position de non-ingérence. «Je ne m’implique pas dans les affaires internes. Aoun est plus conscient que moi de cette réalité», a déclaré le président Tebboune à ce sujet.
Évoquant l’avenir de la Syrie, il a, selon la presse libanaise, reconnu que le pays ne retrouverait pas sa situation d’avant-crise, mais que le rétablissement de la cohésion nationale restait possible, à condition de lui laisser le temps nécessaire.
Par : Akram Ouadah









