La wilaya d’El-Tarf confirme son statut de pôle stratégique dans la production de tomates industrielles, en couvrant plus de 35% des besoins du marché national. En pleine campagne de récolte et de transformation, les services agricoles anticipent une production record de plus de 4,1 millions de quintaux, grâce à plus de 5.000 ha cultivés, dont 80% irrigués au goutte-à-goutte.
Depuis la mi-juin, les rendements oscillent entre 600 et 900 q/ha, avec des pics atteignant 1.600 q/ha pour certaines variétés hybrides à haut rendement. Cette performance s’inscrit dans un objectif de souveraineté alimentaire et d’exportation. Des accords ont déjà été signés entre producteurs et partenaires étrangers pour écouler l’excédent vers l’international.
Mais derrière cette dynamique, les producteurs dénoncent les blocages liés à la commercialisation. Malgré les promesses de soutien, plusieurs unités de transformation refusent de s’aligner sur les prix de référence, obligeant les agriculteurs à acheminer leur récolte vers d’autres wilayas comme Annaba ou Skikda. D’autres se voient contraints de vendre leur production sur les marchés locaux, à des prix en chute libre, parfois inférieurs à 40 DA/kg.
Les retards de paiement par les transformateurs, les coûts élevés de production dépassant 4 millions DA/ha, et le manque chronique de main-d’œuvre aggravent la situation. Près de 1.200 ha risquent d’être perdus en raison du retard dans la récolte. Pour pallier ces problèmes, les producteurs appellent à une mécanisation urgente de la filière et à la mise en place d’un dispositif national de soutien structuré.
La chambre agricole d’El-Tarf affirme que sept unités locales assurent une capacité de transformation de 11.000 tonnes/jour. Près de 70% de la production est destinée à la transformation, le reste alimentant le marché du frais. Pour la première fois, l’État accompagne la filière dans la mécanisation, via la création de coopératives pour l’acquisition d’équipements.
Avec 40% de la production nationale de tomate concentrée à El-Tarf, la filière apparaît comme un levier de développement agricole, mais aussi un secteur à haut risque si des solutions concrètes ne sont pas mises en œuvre rapidement.
Par : IMK










