Inquiets et sous tensions, les commerçants de la place de la liberté, «El-Houria», au cœur de la ville de Biskra, tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Réunis tout récemment, ces professionnels du commerce, installés de longue date dans cet espace emblématique, ont exprimé à l’unisson leur rejet ferme des injonctions d’évacuation et de démolition émanant de la municipalité. Las d’être la cible de menaces répétées et de provocations continues, assurant avoir dûment les documents requis, ils dénoncent une attitude jugée arbitraire, injuste et contraire aux engagements pris précédemment par les plus hautes autorités locales.
En effet, les commerçants rappellent avec force que leurs locaux ne sont pas le fruit d’une occupation illégale ou d’un empiètement abusif, mais qu’ils sont issus de procédures légales, transparentes et encadrées. Nombre d’entre eux détiennent des contrats de vente ou de location obtenus par voie d’adjudication publique remontant à l’année 1987, supervisés par un huissier de justice et ayant donné lieu à des versements colossaux évalués à plusieurs milliards de centimes. Ces documents, loin d’être symboliques, constituent une base juridique solide que les concernés considèrent comme un droit acquis, intouchable et légitime.
À cela s’ajoute le souvenir encore vif de la rencontre avec le wali, au cours de laquelle des promesses claires ont été formulées en faveur du respect de leurs statuts et de la régularisation définitive de leur situation. L’attitude respectueuse et bienveillante affichée par la représentante de l’Exécutif de wilaya a été perçue comme un signal fort, instaurant un climat de confiance que les commerçants croyaient jusque-là durable et irréversible. Ce sentiment d’écoute et de considération contraste désormais brutalement avec la posture actuelle des services de la commune, qui semblent vouloir faire table rase du passé en tentant d’imposer une politique de fait accompli sans aucune concertation.
Plus encore, lors de la dernière réunion tenue en présence du wali, la présidente de l’Assemblée Populaire Communale aurait, selon les commerçants, assumé l’entière responsabilité des décisions prises par ses prédécesseurs. Une déclaration lourde de conséquences, qui soulève aujourd’hui une question aussi fondamentale qu’embarrassante, comment des biens à vocation commerciale ont-ils pu être cédés, dans le passé, par une instance qui, selon ses propres aveux, n’en détenait pas la propriété légale?
La démarche a été portée à l’attention de plusieurs responsables et instances de la wilaya, du wali au P/APW, en passant par les chefs des forces de sécurité et les représentants de la justice. Ces acteurs économiques rappellent, ainsi, que l’avenir de la place de la liberté, «El-Houria», ne saurait être décidé sans eux, ni contre eux. Mais, qu’il doit au contraire se construire avec eux, dans le respect des droits acquis et de la légalité.
Par : N.BENSALAH












