Aucune activité partisane n’est perceptible à Souk-Ahras et les formations politiques, fortement représentées au sein des assemblées élues, ont déjà pris goût aux rencontres protocolaires et autres sorties aux couleurs fades. Mea-culpa chez les uns, autocritique chez d’autres. ”Nous sommes déjà loin de cette époque où les formations politiques défendaient farouchement les choix de leurs partis et l’on ressentait fort les nuances dans les approches, les positions et le choix des discours partisans, bénéfiques sous tous rapports (…).
Nous sommes plutôt pris dans le collimateur des alliances hybrides où tout prime sauf les intérêts de la population”, a déclaré sous le sceau de l’anonymat un élu local qui promet la réupture prochaine avec toute activité partisane. Aucune rencontre statutaire n’a eu lieu dans cette wilaya. Aucune rencontre, puisse-t-elle revêtir un aspect propagandiste, n’a été organisée depuis des lustres. Aucun communiqué sur un quelconque événement national ou local n’a été rendu public par les structures locales des partis. C’est dire toute la problématique d’une classe politique, peu ou prou, attirée par l’option du moindre effort.
Des aveux de carence sans équivoque !
Encore un témoignage de carence apporté à Le Provincial sans le nom de son auteur: ”Faute de programmes consistants et d’objectifs palpables, les chapelles partisanes -celle à laquelle j’appartiens comprise- jouissent de leurs proximités, tirent profit et prient pour que ça dure. Faute de compétences, les militants locaux composés de quelques assemblages incolores, insipides et frappés d’incohérence morale, gèrent temps et carrières, et réduisent à néant leur expression (…).
Pour l’anecdote, un élu local issu évidemment d’un parti politique, s’est découvert les vertus du Facebook pour remercier, saluer et féliciter tout ce qui bouge à travers la wilaya -même à reculons- lui qui a une tribune d’édile prévue pour exprimer sa vision des choses”. Sièges fermés, assises plutôt sveltes, formation approximative des militants, absence lors des rendez-vous majeurs, indigence en activités… et inexplicable hibernation. Kamel Masour, fonctionnaire dans un organisme public donne son avis: ”J’imagine que tout se résume autour de la gestion des carrières des individus qui forment ces magmatiques entités appelées partis politiques. C’est surtout en précampagne que ces derniers commencent leur bal … pour retomber juste après l’annonce des résultats des joutes électorales dans la léthargie”.
Et d’étayer: ”Le militantisme politique est assimilé, depuis un certain temps, à un consortium d’intérêts où tout est négociable sur la base des prébendes et des privilèges”. Mohamed-Karim Gahmia, un cadre du secteur de l’Education a sévèrement critiqué les représentants du peuple, fruit de l’incompétence de la classe politique, selon ses dires. ”Une bonne partie des habitants de Souk-Ahras, et j’en suis un, ne connaissent pas leurs députés car ces derniers, qui ne sont jamais à l’écoute des citoyens et qui brillent souvent par leur absence lors des grands rendez, ne font rien pour changer la donne. Les assemblées locales ne sont guère dans une meilleure position”, a-t-il fustigé. Sous d’autres cieux, les assises électorales sont entretenues, travaillées, remodelées à longueur d’année… Sinon, c’est la grande panique dès la convocation du collège électoral.
Par : Abderrahmane.D












