L’Algérie s’invite cette année aux Rencontres de la photographie d’Arles (France) à travers une proposition artistique qui revisite son histoire par le prisme des images et de la transmission. L’artiste Katia Kameli y présente un nouveau chapitre de son projet « Le Roman algérien », une œuvre développée depuis près de dix ans qui interroge la manière dont un pays construit et conserve sa mémoire.
Créée pour le festival, cette nouvelle réalisation prend pour fil conducteur Assia Djebar. L’écrivaine et cinéaste devient le point de départ d’une réflexion où se croisent cinéma, archives, paysages et héritages féminins. Katia Kameli ne cherche pas à raconter une biographie. Elle explore plutôt les traces laissées par l’autrice dans les lieux qu’elle a filmés et dans les récits qu’elle a fait émerger.
Des environs de Tipaza au mont Chenoua, l’artiste suit les empreintes de « La Nouba des femmes du Mont Chenoua », film majeur réalisé en 1977. Les potières, les chants, les gestes transmis de génération en génération et les paysages deviennent autant de fragments d’une mémoire toujours vivante.
Cette création marque également une étape nouvelle dans la démarche de Katia Kameli. Après avoir exploré les images de l’Algérie contemporaine, les archives de la période coloniale ou encore les bouleversements du Hirak, elle introduit désormais son propre parcours dans ce récit au long cours. L’intime rejoint alors l’histoire collective.
Présentée dans l’un des plus grands rendez-vous internationaux consacrés à la photographie, cette nouvelle création confirme la place qu’occupe désormais Katia Kameli sur la scène artistique contemporaine. Elle y fait de l’histoire algérienne non pas un objet de mémoire figé, mais un territoire de création en perpétuel renouvellement.
Par : A.D












