Chantiers abandonnés, amoncellements de détritus et insécurité routière : la coupe est pleine pour les résidents de la circonscription administrative d’Ali Mendjeli. Véritable pôle urbain de la capitale de l’Est algérien, cette mégapole de plus de 600 000 âmes, répartie sur 20 unités de voisinage (UV) regroupant diverses formules de logement, voit sa qualité de vie s’éroder de jour en jour. Face à l’urgence de la situation, les représentants des habitants sont venus porter un cahier de doléances bien chargé sur la table des autorités locales, exigeant des actions concrètes et hiérarchisées.
C’est à l’occasion d’une rencontre de concertation organisée au siège de la circonscription administrative — s’inscrivant dans le cadre des directives centrales appelant à l’écoute du citoyen — que les délégués de quartier ont pu vider leur sac. Étaient présents les représentants du collectif des comités de la ville nouvelle, ainsi que les associations des UV 01, 02, 04, 05 extension, 06, 07, 08, 09 et 10, face au conseil d’administration de la circonscription au complet.
Au cœur des débats : la déliquescence des services urbains essentiels. Les délégués ont vivement dénoncé le manque criant d’hygiène publique aux abords des îlots résidentiels, l’éclairage défaillant voire inexistant en raison de pannes non réparées, et la pénurie d’espaces verts et d’aires de jeux pour enfants. La sécurité routière figure également au chapitre des urgences prioritaires : les habitants réclament la pose immédiate de ralentisseurs, notamment aux abords des établissements scolaires, ainsi qu’une régulation stricte du trafic des poids lourds qui asphyxie l’extension de l’UV 05. De même, le réaménagement du stationnement et de la station de taxis a été exigé pour mettre fin au chaos quotidien.
À l’approche de l’hiver, la hantise des inondations refait surface. Les comités d’habitants ont demandé l’avalage et le curage systématique des bouches d’égout pour éviter la stagnation des eaux pluviales. Pour venir à bout du dépôt sauvage de meubles usagés et d’encombrants, ils préconisent la mise en place d’un jour fixe de collecte hebdomadaire et le développement de partenariats avec les récupérateurs de bois. La lutte contre la prolifération des chiens errants, le rodéo des motocyclistes et le tapage dangereux lié à l’usage intempestif de feux d’artifice lors des cortèges nuptiaux complètent ce tableau noir, pour lesquels les riverains exigent l’application ferme de la loi.
L’esthétique de la ville nouvelle n’a pas été omise. Les représentants du collectif réclament le ravalement des façades d’immeubles pour redonner un coup de neuf aux cités, ainsi qu’une traque sans merci contre les extensions illicites de commerces et le squat de l’espace public, des dérives qui défigurent le paysage urbain.
Du côté de l’UV 08, les revendications se font plus précises : les riverains exigent la réhabilitation du stade de proximité, aujourd’hui dans un état de délabrement avancé, ainsi que la remise en service du bassin d’eau de la zone. Un équipement lourd, financé à coup de deniers publics, qui attend toujours d’être réhabilité et équipé pour servir enfin aux usagers.
Prenant la mesure de ces doléances, le wali délégué d’Ali Mendjeli, Amr Mechiche , a assuré que les demandes des citoyens étaient légitimes. Interpellant directement les membres de son conseil d’administration, le responsable a appelé à une prise en charge « sérieuse et diligente » de l’ensemble des points soulevés, affirmant que la restauration d’un cadre de vie digne demeurait la priorité absolue de l’exécutif local.
Par : Amina A.










