A la suite du lancement de l’application mobile «Allo Balighna» de la Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC), l’Office central de répression de la corruption (OCRC) a tenu à clarifier une question importante concernant la protection des citoyens qui signalent des cas de corruption.
Une clarification qui fait suite à plusieurs interrogations d’internautes sur la confidentialité des données personnelles obligatoires lors de l’inscription à cette nouvelle plateforme numérique. Plusieurs citoyens se sont notamment demandé si leur identité pouvait être révélée aux personnes ou structures faisant l’objet d’un signalement, estimant que s’il faudrait communiquer toutes les informations personnelles avant l’ouverture d’un compte «Allo Balighna», cela voudrait dire que l’anonymat n’est pas garanti.
L’OCRC évoque dans son communiqué que le législateur algérien a institué un système complet de protection des lanceurs d’alerte. En application des articles 128 à 138 du nouveau Code de procédure pénale de 2025 et de l’article 45 de la loi relative à la prévention et la lutte contre la corruption, les lanceurs d’alerte bénéficient d’un bon nombre de mesures pour assurer leur sécurité et maintenir leur anonymat.
L’Office souligne en premier lieu qu’est garantie une confidentialité absolue. La loi interdit également la publication du nom du lanceur d’alerte, son adresse, ou toute information qui pourrait l’identifier. Il peut même se voir attribuer, dans les cas où cela est nécessaire, un nom d’emprunt afin de protéger davantage son identité.
Outre l’anonymat, le texte prévoit également que les personnes soumises à des menaces graves, pour avoir témoigné, bénéficient de mesures de protection physique. Une protection qui s’étend éventuellement aux membres de la famille, aux proches et à leurs intérêts essentiels.
L’arsenal juridique confère aussi une immunité pénale aux particuliers qui rapportent de bonne foi des actes de corruption. Ils ne peuvent être poursuivis pour avoir fait un signalement légitime, rappelle l’OCRC.
Le législateur a également prévu une peine lourde pour le non-respect de ces garanties. Quiconque révèle l’identité ou l’adresse de la personne protégée par le mécanisme de protection encourt une peine d’emprisonnement de un à cinq ans de prison et une amende de 500.000 dinars. Les actes de représailles, intimidation ou menace contre les lanceurs d’alerte, témoins, ou leurs familles sont punis d’emprisonnement jusqu’à cinq ans.
Pour rappel, la HATPLC a lancé, jeudi, son application «Allo Balighna», un nouvel outil numérique qui permet aux citoyens d’envoyer des signalements d’actes de corruption accompagnés de documents ou de preuves. Il est aussi possible de suivre la progression du traitement du dossier. D’après la Haute Autorité, la vie privée des utilisateurs y est respectée et les données sont traitées conformément aux règles de confidentialité.
Par cette mise au point, l’OCRC entend visiblement rassurer les citoyens pour les encourager à contribuer à l’effort de lutte contre la corruption. Un défi que l’institution considère comme une «responsabilité nationale» dans laquelle la protection des lanceurs d’alerte constitue un levier majeur pour accroître la transparence, l’intégrité et la sauvegarde des deniers publics.
Par : Elyas Abdelbaki







