Sétif vient de franchir une étape importante dans la prise en charge des patients atteints de cancer. L’Etablissement Public Hospitalier(EPH), Youssef Yallaoui d’Ain Azel, a officiellement inauguré, en fin de semaine dernière, une unité spécialisée dédiée au traitement et au suivi des malades cancéreux, lors d’une cérémonie présidée par le wali de Sétif.
Au cours de sa visite, le premier responsable de l’Exécutif local a inspecté les différents services de la nouvelle structure, s’est renseigné de la qualité des équipements mis en place et a suivi, de près, les explications fournies par les responsables hospitaliers sur le fonctionnement de cette unité, appelée à jouer un rôle stratégique dans la prise en charge de la chimiothérapie.
L’objectif est de rapprocher les soins des patients et mettre fin aux longs et pénibles déplacements vers les grands centres spécialisés.
Bien que son inauguration officielle n’ait eu lieu que récemment, l’Unité est déjà opérationnelle depuis plusieurs mois. À ce jour, pas moins de 285 patients y ont été pris en charge, un chiffre qui traduit, selon les responsables du secteur, l’ampleur des besoins sanitaires dans cette région du sud sétifien. Cette nouvelle structure vient ainsi renforcer le réseau existant, aux côtés du Centre de lutte contre le cancer d’El-Baz et de l’Unité de traitement de l’hôpital d’Aïn Oulmene.
Le directeur de la Santé de la wilaya a précisé que les prestations offertes vont bien au-delà du simple diagnostic, englobant le traitement, le suivi médical et l’administration de la chimiothérapie.
Il a également souligné que l’Unité accueille des patients issus de wilayas limitrophes, notamment Batna et M’Sila, qui représentent environ 13% de l’ensemble des malades pris en charge. Une contribution non négligeable à la décongestion du Centre de lutte contre le cancer de Sétif, régulièrement sollicité.
Pour le même responsable, cette réalisation constitue une réponse directe aux revendications des habitants de la région, confrontés depuis des années à la difficulté d’accès aux soins spécialisés.
Parallèlement au renforcement de l’offre de soins, l’Établissement hospitalier spécialisé de lutte contre le cancer de Sétif s’inscrit résolument dans une dynamique de coopération scientifique. Dans cette optique, des cycles de formation ont été lancés afin de promouvoir la recherche et de développer les compétences dans le diagnostic et le traitement des cancers.
C’est dans ce cadre qu’une délégation d’enseignants et d’étudiants en master de l’Université des Frères Mentouri Constantine1, a récemment été accueillie au sein de l’établissement. La rencontre s’est déroulée autour d’un atelier de formation consacré aux techniques avancées de biologie moléculaire, notamment le séquençage de nouvelle génération (NGS) de l’ADN, considéré aujourd’hui comme un outil clé dans la lutte contre les maladies cancéreuses.
Selon l’administration hospitalière, cette initiative vise à jeter les bases d’un partenariat durable entre les deux institutions, axé sur la formation, la recherche appliquée et le transfert de compétences. Les participants ont pu suivre, étape par étape, l’ensemble du processus de travail lié à la technologie NGS, depuis la réception des échantillons et l’extraction de l’ADN jusqu’à l’analyse et l’interprétation des résultats.
Au-delà de l’aspect technique, cette immersion a permis de mieux appréhender le rôle central de la biologie moléculaire dans ce que l’on appelle désormais la «médecine de précision», une approche thérapeutique personnalisée qui tient compte des particularités génétiques de chaque patient afin d’optimiser l’efficacité des traitements.
Le laboratoire central de l’Établissement hospitalier spécialisé de Sétif, placé sous la supervision du professeur Amrane, est présenté comme l’un des laboratoires de référence au niveau national dans ce domaine, doté d’équipements de pointe et de compétences scientifiques avérées.
À travers ce partenariat avec l’Université de Constantine1, l’établissement affirme sa volonté de s’ouvrir davantage sur le monde universitaire et de consolider les passerelles entre soins, enseignement et recherche, dans un contexte où la lutte contre le cancer exige plus que jamais une approche intégrée et innovante.
Par : Amina A.












