Le phénomène consistant à déchirer ses cahiers en fin d’année scolaire n’est plus simplement un «jeu d’enfant» ou un moment de joie passager. Pour certains, il est devenu un comportement collectif qui soulève de sérieuses questions quant au rapport des élèves à l’école, au savoir et aux valeurs.
Le problème trouve-t-il son origine dans l’éducation, ou bien la numérisation et les technologies ont-elles modifié la mentalité de la jeune génération? En réalité, le problème est plus complexe que de simplement désigner un coupable.
L’éducation joue un rôle fondamental, car un enfant élevé dans le respect des livres et des cahiers, comme symboles de savoir, aura du mal à les réduire à de simples bouts de papier à jeter dans la rue. Une famille qui inculque les valeurs de diligence, de respect et de responsabilité crée une génération plus consciente de ses actes.
La génération actuelle vit dans un monde de vitesse et de consommation effrénée ; tout est éphémère : une photo est supprimée, un message est oublié, une information est remplacée par une autre. De nombreux étudiants ont ainsi perdu le lien affectif qu’entretenaient les générations précédentes avec leurs livres et cahiers, qui étaient conservés pendant des années, témoins de leurs souvenirs et fruits de leur travail.
Les réseaux sociaux ont également contribué à faire du déchirement de cahiers une «tendance collective», un spectacle alimenté par les photos, les rires et l’imitation, sans que l’on prenne conscience des messages négatifs véhiculés par ce comportement : gaspillage de papier, dégradation de l’environnement et dévalorisation du savoir.
Au milieu de ce brouhaha, il existe encore des jeunes appliqués, conscients et avides de connaissances, mais ils ont besoin de modèles authentiques, d’établissements scolaires motivants, de familles présentes et de médias qui valorisent les connaissances au lieu de les ridiculiser.
Le problème ne réside donc pas seulement dans la technologie, ni même dans la génération elle-même, mais plutôt dans la manière dont elle est guidée au sein d’une société où les priorités ont changé et où le prestige des écoles et la valeur du savoir ont parfois diminué.
Par : Hamoudi Chebout












