La filière de la pomme de terre de saison dans la wilaya de Tébessa s’apprête à franchir un nouveau palier de performance. Selon les prévisions de la direction des Services agricoles (DSA), une récolte abondante atteignant 1,7 million de quintaux est attendue pour la campagne de cueillette qui débutera au milieu de l’été prochain. Ce dynamisme repose sur une extension notable des superficies cultivées, passées de 3.309 ha l’an dernier à environ 4.400 ha pour la saison en cours, soutenue par l’arrivée de quelque 50 nouveaux investisseurs au sein d’une corporation qui compte désormais près de 700 producteurs.
L’optimisme des autorités agricoles s’appuie également sur des conditions climatiques clémentes et un accompagnement étatique renforcé, touchant aussi bien à la qualité des semences qu’à l’octroi des autorisations de forage. La production de Tébessa revêt une importance stratégique sur l’échiquier national, non seulement par sa qualité, mais surtout par son calendrier de mise sur le marché. Récoltée entre la mi-juillet et le début du mois d’août, elle permet d’approvisionner les étals durant les périodes de soudure de l’été et de l’automne, agissant ainsi comme un régulateur naturel des prix en comblant le déficit entre l’offre et la demande. Pour rappel, la wilaya s’est hissée la saison passée au deuxième rang national et au premier rang de l’Est du paysd avec une production de 1,6 million de quintaux.
Longtemps restée une culture d’appoint pratiquée de façon rudimentaire dans la région de M’chentel (Chéria), la pomme de terre est devenue, en deux décennies, une spécialité d’excellence s’étendant aujourd’hui sur 10 communes, portées par El Ma Labiod, El Houidjbet ou encore Bir El-Ater. La levée des contraintes liées au stockage, grâce à la mise en service de chambres froides à Chéria et Hammamet, a définitivement rassuré les agriculteurs. Par ailleurs, la direction des Ressources en eau a consenti un effort majeur en délivrant plus de 800 licences de forage, dont une part prépondérante pour les zones de Bir El-Ater et Safsaf El Ouesra, parallèlement aux actions de conseil technique menées par l’inspection de la protection des végétaux.
Toutefois, pour transformer ce potentiel en un véritable pôle national de référence, les acteurs du secteur soulignent la nécessité de lever certains obstacles structurels. L’absence d’un marché de gros local contraint encore les producteurs à écouler leurs marchandises dans d’autres wilayas, grevant ainsi leur rentabilité.
Par : Amina A











