Le pouvoir d’achat des ménages algériens fait face à des pressions croissantes, confrontés à la flambée des dépenses quotidiennes et structurelles. Pour une famille de quatre personnes vivant à Alger, boucler les fins de mois sans s’endetter nécessite un budget mensuel oscillant entre 70 000 et 130 000 dinars, mettant en lumière le grand écart avec le Salaire national minimum garanti (SNMG).
Le coût de la vie pèse de plus en plus lourd sur les familles algériennes, où les dépenses incontournables — alimentation, logement, factures d’énergie, transport, frais scolaires et de santé — s’accumulent mois après mois. Selon des témoignages recueillis et rapportés par Maghreb Emergent (ME), la gestion d’un budget familial relève aujourd’hui d’un exercice d’équilibriste. Sur le terrain, les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Pour un père de trois enfants scolarisés, la barre des 2 000 dinars par jour s’évapore rapidement rien qu’avec les petites nécessités quotidiennes comme le pain et le lait. Les courses hebdomadaires de fruits et légumes dépassent facilement les 8 000 dinars, tandis que l’enveloppe alimentaire globale pour un foyer de quatre personnes atteint aisément 30 000 à 40 000 dinars par mois, indique ME. À cela s’ajoutent les aléas du quotidien impossibles à planifier : pannes de voiture, pièces de rechange onéreuses, consultations médicales ou achats de médicaments, qui peuvent instantanément déséquilibrer une trésorerie déjà fragile.
Le poste du logement constitue l’autre variable décisive dans l’équation budgétaire, notamment dans les grands centres urbains du pays. Alors que les situations varient considérablement selon le mode d’habitat (individuel, colelctif, rural.)
Pour le cas d’un logement AADL, un père de famille bénéficiant d’une habitation à Alger doit mobiliser un budget mensuel avoisinant les 70 000 dinars (comprenant 12 000 DA de mensualité, 10 000 DA pour les enfants, 10 000 DA de frais de transport et carburant, 8 000 à 10 000 DA de courses hebdomadaires, ainsi que la santé et internet).
Un défi permanent pour les familles
Dans le cas de la location privée, la facture s’alourdit drastiquement pour les ménages soumis aux prix du marché locatif dans la capitale, où un loyer peut atteindre à lui seul 55 000 dinars par mois, absorbant une part majeure des revenus avant même d’engager les dépenses alimentaires ou de transport. Face à ces exigences financières, le Salaire national minimum garanti (SNMG), fixé à 24 000 dinars par mois, demeure très en deçà des besoins réels d’un ménage.
Même un foyer à double revenu percevant deux SNMG (soit 48 000 dinars au total) reste largement en dessous des seuils de 70 000 à 130 000 dinars nécessaires pour vivre convenablement à Alger. Bien que la situation doive être nuancée selon les régions — les charges s’avérant moins lourdes dans certaines zones rurales ou villes de l’intérieur où le coût du logement est plus bas —, le constat demeure partagé : la couverture des dépenses essentielles, de la scolarité et de la santé reste un défi permanent pour les familles.
Par : Akram Ouadah







